L'Ouganda a annoncé le 17 mai "reporter" le pélerinage annuel du Jour des Martyrs qui attire chaque 3 juin des milliers de chrétiens, venus notamment de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) touchée par une nouvelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola.
Ce jour-là, de nombreux pèlerins se rendent au sanctuaire de Namugongo, dans la périphérie de Kampala, où 22 catholiques et 23 anglicans ont été exécutés en 1885 et 1886 sur ordre du roi de Buganda, royaume aujourd'hui partie de l'Ouganda, inquiet de l'influence croissante du christianisme.
"Après consultations avec l'équipe nationale de réponse à l'épidémie et les dirigeants religieux, nous avons décidé de reporter le Jour des Martyrs à une date ultérieure", indique le président ougandais, Yoweri Museveni, dans un communiqué.
Le chef de l'État précise que "cette décision a été prise parce que l'Ouganda reçoit chaque année des milliers de pélerins de l'est" de la RDC "théâtre actuellement d'une épidémie d'Ebola" et "afin de préserver la vie de tous".
L'OMS a déclenché dimanche une alerte internationale face à l'épidémie d'Ébola en RDC. Un ressortissant de RDC de 59 ans est récemment décédé du virus en Ouganda.
Ce virus provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse. Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique pour la souche Bundibugyo du virus, à l'origine de l'épidémie actuelle et qui présente un taux de létalité élevé.
Le foyer de l'épidémie se situe dans l'Ituri, province frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud, située dans le nord-est de la RDC. L'accès à certaines certaines zones de la province est compliqué par les violences de groupes armés.
Un premier cas a par ailleurs été confirmé à Goma, grande ville de l'est congolais contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23.
Selon un dernier bilan, samedi, de l'agence sanitaire de l'Union africaine Africa CDC, 88 décès vraisemblablement dus au virus ont été enregistrés, sur 336 cas suspects.
La Rédaction (avec AFP)