Le nouveau patriarche de la puissante Église orthodoxe géorgienne, Chio III, a été intronisé le 12 mai en présence d'une foule de fidèles et personnalités, parmi lesquels le Premier ministre géorgien et l'influent fondateur du parti au pouvoir.
Les voix de la chorale se sont élevées entre les murs de pierre de la vénérable cathédrale Svetitskhoveli à Mtskheta, centre spirituel du pays près de la capitale Tbilissi, pour l'intronisation du 142e patriarche-Catholicos.
Âgé de 57 ans, il a été élu lundi par le Saint-Synode, la plus haute autorité de l'Église. Né Elizbar Moudjiri, il a fait des études en Géorgie et en Russie et est considéré comme un proche du parti au pouvoir, Rêve géorgien.
Ce parti est accusé de dérive autoritaire et d'éloigner ce pays du Caucase de l'Union européenne pour mieux se rapprocher de la Russie, ce que Rêve géorgien dément.
Le milliardaire fondateur du parti et homme le plus influent du pays, Bidzina Ivanichvili, ainsi que le Premier ministre Irakli Kobakhidzé, également issu de Rêve géorgien, étaient tous deux présents à la cérémonie d'intronisation.
Le nouveau patriarche "entretient des liens étroits tant avec l'Église russe qu'avec le parti au pouvoir en Géorgie", avait estimé en mars auprès de l'AFP Levan Soutidzé, un expert des questions religieuses, qui avait dit "s'attendre à une augmentation de l'influence russe" s'il était élu.
Il succède au très populaire Ilia II, décédé à l'âge de 93 ans après presque un demi-siècle à la tête de l'Eglise orthodoxe géorgienne, période pendant laquelle l'institution a étendu son influence sur la vie politique et publique géorgienne.
Certains critiques lui reprochent cependant une réaction timide face à la répression gouvernementale contre l'opposition et la société civile, son soutien à la législation conservatrice et sa réticence à contester le gouvernement du Rêve géorgien.
La présence d'un émissaire de Vladimir Poutine aux funérailles d'Ilia II a marqué la première venue d'un représentant officiel russe à Tbilissi depuis près de deux décennies.
Les relations diplomatiques entre la Russie et la Géorgie sont rompues depuis la brève guerre de 2008 entre les deux pays. Environ 20% du territoire géorgien, comprenant l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, sont depuis de facto sous le contrôle de Moscou.
La Rédaction (avec AFP)