À l'occasion de la venue du pape Léon XIV à Metz, les protestants de l'Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine ont transmis, ce lundi, un message au souverain pontife.
Le pape Léon XIV est arrivé ce lundi matin à Metz, troisième et dernière étape de sa visite en France, où il s'est notamment exprimé sur la paix et l'Europe. Lors de son discours, le pape a exhorté le continent à "mettre fin" à la "spirale" du "mensonge et de la tromperie" dans les relations internationales. "Aujourd'hui, les relations humaines, et entre les États, sont de plus en plus barbares", a-t-il dénoncé devant des responsables européens, dont le président Emmanuel Macron.
"La valeur de la parole donnée est méprisée ; on se vante plutôt du mensonge et de la tromperie."
"L'Europe peut mettre fin à cette spirale grâce au respect de l'autre qu'elle a su cultiver et préserver", a-t-il ajouté, vantant "le droit international et le multilatéralisme » comme « meilleur antidote à la volonté de domination".
Des paroles fortes qui rappellent l'importance du dialogue et de la paix et qui font écho à celles d'Isabelle Gerber, présidente de l'Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine, dans sa lettre adressée au souverain pontife. Elle y a notamment souligné le besoin d'unité entre protestants et catholiques, tous deux issus du christianisme malgré leurs différences théologiques.
"La méconnaissance de notre foi commune ravive les blessures", a-t-elle écrit, avant d'ajouter que les différences entre ces deux branches du christianisme ne doivent pas être perçues comme des "sources de divisions". Elles servent, en effet, "la compréhension de l'autre, la reconnaissance de la diversité au sein du christianisme et, partant, la communion".
Après avoir rappelé le caractère particulier de cette région concordataire, dont la population "a souffert de soifs de pouvoir et d'extension", elle a alerté sur une "fragilisation" de l'Europe entière par ce qu'elle considère être "la montée des extrêmes". En outre, les enjeux abordés par le pape lui-même sont au cœur des préoccupations de l'Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine, notamment la justice écologique et sociale "qui garantit la paix".
"Nous partageons vos prises de position courageuses pour défendre les étrangers, les plus humbles, sans craindre les foudres de ceux qui se croient puissants."
La place des femmes et l'égalité entre les sexes restent également une priorité majeure. "Nous saluons toutes les discussions qui font avancer la place des femmes dans la gouvernance de l'Église", écrit la présidente, avant d'ajouter que l'Union fêtera prochainement le centenaire de l'ordination des femmes au ministère pastoral.
L'importance de l'œcuménisme est également abordée. "Nous affirmons sans détour que l'œcuménisme n'est pas une option. Tout ce qui peut se faire en commun doit être encouragé."
"En confiance, en humilité et en espérance : que Dieu nous guide sur notre route commune !", conclut-elle.
Mélanie Boukorras (avec AFP)