Un évêque polonais a été condamné au pénal le 29 octobre pour n'avoir pas dénoncé des agressions sexuelles sur mineurs commises par deux prêtres de son diocèse, une première dans le pays catholique, patrie du défunt pape Jean-Paul II.
L'évêque Andrzej Jez a été condamné en première instance par le tribunal de Tarnow (sud- est) à deux ans de liberté surveillée et à une retenue sur salaire de 25%, sur la même période, au bénéfice d'une association pour la protection de l'enfance.
Lors d'un point de presse après l'annonce du verdict, la porte-parole du tribunal de district de Tarnow, Malgorzata Stanislawczyk-Karpiel, a salué un "verdict sans précédent". La défense a fait savoir qu'elle allait faire appel. L'accusation a de son côté plaidé que l'évêque ne pouvait invoquer le secret car selon la jurisprudence canonique imposée par le défunt pape François, celui-ci ne s'applique plus à cette nature de crimes.
Et le code pénal polonais oblige tout citoyen à saisir les autorités compétentes, quelle que soit la qualité des agresseurs, depuis 2017. Si le prélat a bien signalé ces faits, ajoute le parquet, les délais légaux étaient déjà dépassés, permettant aux prêtres mis en cause d'échapper - en partie - à la justice.
La prescription pour l'un des deux prêtres s'applique. Les agressions reprochées au second, de santé fragile, font toujours l'objet d'une procédure. Leurs victimes présumées se comptent par dizaines, selon la presse polonaise.
Depuis 2020, le Vatican a sanctionné plusieurs évêques polonais soupçonnés de négligence ou d'avoir couvert des agressions sexuelles sur des mineurs. Les scandales au sein de l'Église ont même troublé le pontificat de Jean-Paul II. Sa contribution à la chute du régime communiste lui a valu une renommée mondiale, mais des enquêtes menées sur les années 1960 et 1970, l'époque où il exerçait les fonctions d'archevêque de Cracovie, ont jeté une ombre sur le souverain pontife soupçonné d'avoir su et de s'être tu.
L'émergence de ces scandales, les réformes de la droite catholique et conservatrice contre le droit à l'avortement et l'opposition croissante à l'implication de l'Église dans la vie politique ont accéléré la sécularisation de la Pologne.
En 2025, le Centre polonais de recherche sur l'opinion publique (CBOS) a relevé que seulement 34% des Polonais déclarent assister à la messe hebdomadaire, comparé à près de 70% au début des années 1990.
La Rédaction (avec AFP)