"Pour que le monde ait la vie" : le chant de Grégory Turpin et Natasha St-Pier pour la venue du pape
C’est ce jeudi qu’est dévoilé le chant composé à l’occasion de la venue du pape Léon XIV en France. Intitulé "Pour que le monde ait la vie" , ce titre, qui évoque notamment l’Esprit Saint envoyant les croyants en mission, est interprété par Natasha St-Pier et Grégory Turpin. InfoChrétienne a rencontré ce dernier afin d’évoquer les raisons qui l’ont poussé à écrire ce chant, ainsi que ses attentes concernant la venue du pape en France.
InfoChrétienne : Aujourd’hui, vous dévoilez au public "Pour que le monde ait la vie", un chant pop-louange interprété avec Natasha St-Pier à l’occasion de la venue du pape Léon XIV en France. Dans quel état d’esprit êtes-vous au moment de dévoiler ce projet ?
Grégory Turpin : Je suis très heureux que cette chanson soit enfin là. On a passé beaucoup de temps dessus, à écrire, réécrire, enregistrer, réunir les artistes, tourner le clip… Et maintenant, elle appartient à ceux qui vont l’écouter. Interpréter ce chant avec Natasha St-Pier, avec qui j’ai déjà une longue histoire artistique, et savoir qu’on va ensuite la chanter au Stade de France et à Lourdes pendant la venue du pape, c’est évidemment très fort. Mais ce que j’espère surtout, c’est qu’elle ne reste pas seulement liée à cet événement :
J’aimerais qu'elle devienne une chanson que les gens puissent reprendre et prier.
InfoChrétienne : Les paroles s’inspirent de l’Évangile de Jean, au chapitre 6, verset 51, choisi comme devise de cette visite pontificale. Quel message avez-vous souhaité transmettre à travers ce chant ?
Grégory Turpin : Ce verset m’a beaucoup travaillé : "Pour que le monde ait la vie." Il y a cette idée que la vie que nous recevons du Christ n’est pas faite pour être gardée entre nous. Elle est faite pour circuler, pour être donnée, pour rejoindre ceux qui cherchent, ceux qui sont blessés, ceux qui doutent, ceux qui sont loin. C’est pour ça que le chant parle beaucoup du Christ, mais aussi de l’Esprit Saint. On reçoit quelque chose, puis on est envoyé.
Pour moi, c’est vraiment cela la mission : ce n’est pas d’abord convaincre quelqu’un, c’est laisser la vie de Dieu passer à travers nous. Et j’aime que ce verset soit proposé à toute l’Église au moment de la venue du pape, parce qu’il nous oblige à regarder au-delà de nous-mêmes.
InfoChrétienne : Est-ce qu'une phrase ou un passage vous touche particulièrement ? Pourquoi ?
Grégory Turpin : Oui, le passage "Viens Saint-Esprit". C’est probablement le moment le plus simple du chant, mais c’est justement celui que je préfère. À cet endroit-là, nous ne somme presque plus dans une chanson. On répète simplement une prière. Et quand plusieurs centaines ou plusieurs milliers de personnes commencent à chanter ensemble "Viens Saint-Esprit", il se passe quelque chose de différent. Nous ne sommes plus en train d’écouter un artiste : nous prions ensemble.
InfoChrétienne : Plusieurs artistes ont participé à ce projet : Fratoun, du groupe Les Guetteurs, Vinz le Mariachi, Martin du groupe Praise, Julien Dodeman de Cathoglad ou encore Pierre du collectif Christatus. Pourquoi avoir souhaité réunir ces artistes et donner à ce chant une dimension collective ?
Grégory Turpin : Dès le début, je ne voulais pas que ce soit simplement "une chanson de Natasha St-Pier et de Grégory Turpin". J’avais envie qu’on voie quelque chose de l’Église que je rencontre aujourd’hui : des artistes, des musiciens, des créateurs de contenus, des gens qui évangélisent sur les réseaux, dans des festivals, par la musique… et qui n’ont pas tous les mêmes parcours ni exactement les mêmes sensibilités.
Chacun a son univers. Je trouve ça beau de les voir ensemble. La mission aujourd’hui passe par ces personnes-là. Certaines rejoignent chaque semaine des milliers de gens qui ne seraient peut-être jamais touchés par des moyens plus traditionnels. Je trouve important de reconnaître cela et de faire des choses ensemble.
InfoChrétienne : Vous aviez rencontré le pape François en 2021 lors d’un pèlerinage à Assise organisé avec l’association Fratello. Quel souvenir gardez-vous de cette rencontre et qu’attendez-vous aujourd’hui de la venue du pape Léon XIV en France, à la fois pour les catholiques français et, plus largement, pour le pays ?
Grégory Turpin : Je garde de la rencontre avec le pape François le souvenir que tout était tourné vers les personnes les plus fragiles, les pauvres, ceux qui restent facilement à côté. Et ça correspondait à ce qu’il avait essayé de rappeler pendant tout son pontificat : l’Évangile nous emmène toujours vers quelqu’un.
Aujourd’hui, avec Léon XIV, c’est une autre histoire qui commence. J’espère d’abord que sa venue pourra encourager les chrétiens français. Je rencontre énormément de personnes qui cherchent Dieu, qui reviennent vers la foi, des jeunes qui découvrent la prière, la louange, l’Évangile. Il se passe quelque chose et je pense que la venue du pape peut encourager cet élan. Mais j’espère aussi que cela dépassera largement les catholiques. Notre pays a besoin de paix, d’espérance, de retrouver la possibilité de se parler malgré nos désaccords. Un pape ne vient évidemment pas résoudre les problèmes de la France. Mais pendant quelques jours, il peut poser une parole différente au milieu du bruit.
InfoChrétienne : Les Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) sont également associées au projet, puisque les revenus générés par ce chant leur seront reversés. Pourquoi avoir souhaité donner à ce chant une dimension solidaire et missionnaire ?
Grégory Turpin : Pour moi, c’était essentiel que cette chanson ne soit pas seulement un projet artistique autour de la venue du pape. Les OPM portent la mission universelle d’une Église qui ne vit pas pour elle-même, mais qui soutient concrètement ceux qui annoncent l’Évangile partout dans le monde. Ça rejoint très directement le sens de "Pour que le monde ait la vie".
On a donc souhaité que les revenus générés par la chanson puissent être reversés à la mission. Si des gens l’écoutent, la partagent, la chantent, cela peut aussi contribuer à soutenir des projets missionnaires. Je trouve que ça donne encore plus de sens à tout ce qu’on fait autour de ce titre. Et puis je suis très heureux que les OPM aient cru au projet et l’aient accompagné. Ce sont eux aussi qui ont permis qu’il puisse prendre cette ampleur.
Propos recueillis par Mélanie Boukorras