Un colon israélien poursuivi pour avoir agressé et blessé fin avril une religieuse française à Jérusalem sera jugé pour violences volontaires aggravées par un motif d'hostilité envers un groupe religieux, a annoncé jeudi la justice israélienne.
Yona Simcha Schreiber, âgé de 36 ans et originaire de Peduel, colonie israélienne en Cisjordanie occupée, a été déféré au tribunal de première instance de Jérusalem, indique un communiqué du ministère de la Justice. Le parquet a demandé son maintien en détention jusqu'à la tenue du procès, ajoute le texte.
Selon l'acte d'accusation publié par le ministère, M. Schreiber sera jugé pour "agression ayant causé des blessures motivée par l'hostilité envers un groupe" religieux. L'agression de la religieuse catholique, chercheuse à l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem (Ebaf) avait eu lieu le 28 avril près du lieu dit du tombeau de David, sur le mont Sion, adjacent à la Vieille Ville.
Selon des images de la scène captées par une caméra de surveillance, l'agresseur se précipite en courant derrière la soeur en habit blanc et voile noir et la pousse dans le dos. La nonne est alors projetée au sol, sa tête heurte un bloc de pierre. L'homme s'en va, puis revient lui asséner un coup de pied avant d'être interrompu par l'intervention d'un passant.
Le Consulat général de France à Jérusalem avait "fermement" condamné cette agression, demandant que son auteur "soit traduit en justice pour cet acte et que justice soit rendue". Assurant la soeur et l'Ebaf de son soutien, la Faculté de lettres et sciences humaines de l'Université hébraïque de Jérusalem avait dénoncé une "agression violente" témoignant "d'une tendance préoccupante d'hostilité croissante contre la communauté chrétienne et ses symboles".
Le ministère israélien des Affaires étrangères avait qualifié l'agression de la religieuse d'"attaque abjecte" et assuré qu'Israël demeurait "fermement engagé à protéger la liberté de religion et de culte pour toutes les confessions".
La Rédaction avec l'AFP