Trois pasteurs appartenant à une minorité ethnique touchée par des violences intercommunautaires ont été tués mercredi dans l'Etat du Manipur, dans le nord-est de l'Inde, ont annoncé la police et les autorités locales.
Les pasteurs tués par balles par des assaillants non identifiés appartenaient à la communauté ethnique des Kuki, principalement de religion chrétienne, selon la police. "Trois pasteurs kuki ont été tués ce matin mais l'identité des auteurs est à l'heure actuelle inconnue", a déclaré à l'AFP un haut responsable de la police qui a requis l'anonymat car n'étant pas autorisé à s'adresser aux médias.
Quatre autres personne sont été blessées, a indiqué dans un communiqué le chef du gouvernement de l'Etat du Nanipur Yumnam Khemchand Singh. Il a condamné "cet acte terroriste odieux ... qui a coûté la vie à trois civils innocents".
Le Manipur est depuis trois ans le théâtre d'affrontements entre le groupe ethnique majoritaire des Metei, principalement hindou, et la communauté princpalement chrétienne des Kuki. Ces violences ont fait plus de 250 morts.
Des associations représentant les Kuki ont accusé un groupe armé défendant les intérêts de la tribu des Naga, la troisième communauté la plus importante de l'Etat, d'être derrière cette tuerie. Comme les Kuki, les Naga sont majoritairement chrétiens.
Au cours des derniers mois, des affrontements ont opposé à plusieurs reprises les deux communautés, aggravant les violences intercommunautaires et intertribales dans la région.
Les Naga et les Kuki se disputent des territoires qu'ils considèrent comme leur berceau ethnique dans les collines du Manipur, des revendications qui engendrent de nombreux conflits. En 1993, des centaines de personnes ont été tuées dans les violences interethniques qui ont également vidé les villages, obligeant les villageois à fuir.
La Rédaction avec l'AFP