Chine : onze chrétiens de l'église Early Rain Covenant arrêtés

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Le 10 septembre dernier, les autorités chinoises ont arrêté onze chrétiens de l'église Early Rain Covenant. Deux d'entre eux ont été condamnés à dix jours de détention pour "organisation illégale d'activités de prosélytisme".

Vers 15 heures, le 10 septembre, les autorités chinoises ont fait irruption dans un salon de thé local pour arrêter onze dirigeants chrétiens de l'église Early Rain Covenant, réunis pour discuter de divers sujets en lien avec le ministère, révèle International Christian Concern quelques jours après cette arrestation. Cette église protestante est implantée à Chengdu au sud-ouest de la Chine.

Les personnes arrêtées sont pour la majorité des septuagénaires. Parmi eux, He Futao, âgé de 73 ans, souffrant de problèmes de santé liés à un cancer du poumon. Il a récemment été opéré et a eu besoin d'un traitement médical d'urgence.

Des membres de l'église et les familles des chrétiens embarqués par les forces de l'ordre ont campé devant le poste de police, réclamant leur libération. Les policiers ont déclaré qu'ils avaient ouvert une "enquête sur une secte", tout en leur assurant que dès le lendemain, tout serait réglé. Ce n’est qu’au bout de deux jours que la majorité des chrétiens arrêtés a été libérée. Deux d'entre eux, Wu Wuqing et Shen Xiaqing ont été accusés de participer à une "organisation illégale d'activités de prosélytisme" et ont été condamnés à 10 jours de détention et à une amende.

Le culte chrétien considéré comme "une menace"

La répression du gouvernement communiste chinois envers l'église Early Rain Covenant date de 2018. Cette année-là, 160 chrétiens avaient été arrêtés, dont le pasteur Wang Yi condamné un an plus tard à neuf ans de prison par le tribunal populaire intermédiaire de la ville de Chengdu. Il a été condamné pour "opérations commerciales illégales" et "incitation à la subversion de l’État". Amnesty International avait alors déclaré que cette condamnation était "scandaleuse et injuste", et qu’elle bafouait "outrageusement les libertés religieuses supposées en Chine".

Plus récemment, deux interventions de la police ont été rapportées, une en janvier et une autre en juin dernier. Au total, des dizaines de chrétiens avaient été arrêtés. Le président de l’organisation ChinaAid avait alors déclaré en juin :

"Ce raid est un nouveau rappel brutal que le Parti communiste chinois continue de considérer le culte chrétien pacifique comme une menace pour son contrôle de l’État."

Malgré cette persécution, l'église continue et reste ferme dans sa foi, témoigne ICC qui rappelle que désormais plus de 500 fidèles sont membres de cette église "alors même que la persécution se poursuit".

La Chine est classée 17e dans l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026 de l'ONG Portes Ouvertes. Dans le pays, "les autorités voient les religions comme un contre-pouvoir à 'siniser' (rendre conforme aux doctrines du Parti communiste)", indique l'organisation.

"(Les chrétiens) sont la cible d’une surveillance constante par la police : interrogatoires, emprisonnements, passages à tabac… Pour affaiblir les églises non enregistrées, les autorités invoquent la fraude pour criminaliser la collecte d’offrandes. Les convertis d’arrière-plan musulman ou bouddhiste sont considérés

Mélanie Boukorras 

Crédit image : Shutterstock / Doidam 10

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