La libération de Mgr Jylman Red Farfan a récemment été confirmé, cinq ans après son incarcération et son procès pour terrorisme, association de malfaiteurs et complots. Il fait partie d’un groupe de 81 prisonniers libérés par le gouvernement le 14 août dernier.
Il a cependant fallu près de trois semaines pour confirmer de façon définitive que l’évêque de l’Église anglicane latino-américaine faisait bien partie de la liste. C’est l’association de défense des droits humains vénézuélienne Foro Penal qui a pu confirmer la libération de l’homme d’église comme l’explique Jesus Marcano, coordinateur du plaidoyer :
"Le gouvernement ne fournit aucun nom ni aucune information, nous vérifions grâce à la liste des prisonniers politiques car nous retrouvons ensuite leurs familles et nous nous assurons d’obtenir des témoignages."
Mgr Farfan a ainsi témoigné des nombreuses tortures qu’il a subi : ongles des orteils arrachés, brûlure de la poitrine à l’électricité… Des mauvais traitements qui s’ajoutent à un procès inéquitable dénoncé très fortement par nombre d’associations, dont Christian Solidarity Worldwide qui rappelait les graves irrégularités de la procédure avec "notamment la rétention de son dossier pendant près de dix mois et la suspension de son procès après près de deux ans d’audiences sans présentation de preuves concluantes".
Lors de son incarcération, l’évêque avait signalé souffrir de graves problèmes de santé dont "une pneumonie atypique, une névrite intercostale et des hémorragies digestives hautes et basses." Une fois libéré, Mgr Farfan a pu adresser un message touchant à tous les chrétiens et militants des droits de l’homme qui l’ont soutenu pendant ces cinq années :
"Je rends grâce à Dieu pour le sentiment et le désir qu’il a placés dans vos coeurs afin que cette libération soit possible, où le Seigneur a brisé les chaînes de l’oppression, de la peur et de la torture, et nous a donné la liberté. Nous savons que la liberté est un don précieux qui vient de la présence du Seigneur, c’est pourquoi j’ai appris de l’intérieur, pendant cinq ans et quinze jours, que chaque matin il a manifesté sa miséricorde, et tout ce qui respire loue le Dieu de justice."
Herveline Urcun