Escalade de violence au Liban : l'avenir incertain de la communauté chrétienne

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Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU s’est réuni en urgence le 1er juin face à l'escalade militaire au Liban,  les communautés chrétiennes du Sud se retrouvent prises au piège. Soumis à un lourd siège économique et militaire, ces villages frontaliers luttent désormais pour leur survie au milieu des destructions humanitaires et matérielles.

Face à la progression des troupes israéliennes vers le site stratégique du château de Beaufort et à l'intensification des tirs de roquettes du Hezbollah, le Conseil de sécurité de l'ONU s’est réuni en urgence le 1er juin à l'initiative de la France. Cette dangereuse escalade militaire plonge le Sud-Liban dans le chaos, prenant directement au piège les populations civiles et les minorités chrétiennes installées le long de la frontière.

Selon le représentant de l'organisation Heart for LebanonCamille Melki, les villages chrétiens situés sur la ligne de front sont en première ligne des affrontements et subissent de plein fouet les conséquences directes des combats.

"Il y a beaucoup de petits villages chrétiens juste aux frontières entre Israël et le Liban, et ils ont subi un siège économique et militaire important."

Face à l'urgence humanitaire et à l'isolement de ces communautés, des actions de secours d'urgence sont déployées : 700 colis alimentaires ont ainsi pu être acheminés vers ces villages isolés avec l'appui logistique de la Croix-Rouge.

Le père Zelazny, directeur de la section polonaise de l’association pontificale Aide à l’Église en Détressea déclaré que les chrétiens de la région luttent quotidiennement “pour vraiment vivre” et pas seulement pour survivre. Ils se retrouvent aujourd'hui piégés au milieu d'un conflit auquel ils ne s'identifient pas, qu'ils n'ont pas choisi, mais dont ils subissent les retombées destructrices chaque jour.

Une destruction systématique du patrimoine

Cette détresse des civils s'inscrit dans un contexte de destruction plus large dénoncé par les autorités libanaises lors du Conseil de sécurité. Selon Ahmad Arafa, représentant du Liban, le gouvernement tente tant bien que mal de contenir la crise face à ce qu'il qualifie de "campagne systématique de destruction" de la part d'Israël, profitant des tensions régionales.

Les frappes touchent de plein fouet les infrastructures vitales, personnel médical, hôpitaux, écoles, forces de la FINUL, mais menacent également directement l'âme multiculturelle du pays à travers le ciblage des lieux de culte et des sites archéologiques. 

Elormise Pierre 

Crédit Image : Shutterstock / mytaj

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