La plus ancienne église protestante d'Iran est menacée de confiscation. Cette décision s'inscrit dans un contexte de durcissement des restrictions visant les communautés chrétiennes.
Les autorités iraniennes s'apprêtent à confisquer l'église évangélique Saint-Pierre de Téhéran, considérée comme la plus ancienne église protestante du pays, rapporte International Christian Concern.
Selon plusieurs organisations de défense de la liberté religieuse, une vingtaine de familles chrétiennes arméniennes et assyriennes vivant sur le site ont reçu l'ordre de quitter les lieux, tandis que les fidèles devront trouver un nouveau lieu de culte.
La propriété doit être transférée à l'Ordre pour l'Exécution des Directives de l'Imam Khomeini, un organisme public chargé de la gestion et de la confiscation de biens. Cette décision s'appuie sur un jugement rendu par un tribunal révolutionnaire à la fin des années 1990, que les responsables de l'Église affirment n'avoir jamais pu contester de manière équitable.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de restrictions visant les communautés chrétiennes en Iran. Si les Églises arméniennes et assyriennes sont officiellement reconnues, elles restent soumises à un contrôle étroit des autorités.
Les convertis issus de l'islam, quant à eux, ne bénéficient d'aucune protection spécifique et sont régulièrement poursuivis pour leur participation à des églises de maison.
Selon l'organisation Article18, 96 chrétiens ont été condamnés en 2024 à un total de 263 années de prison, illustrant un durcissement de la répression contre les convertis et les communautés protestantes. Le Conseil œcuménique des Églises a appelé les autorités iraniennes à suspendre la confiscation de l'église Saint-Pierre et à garantir la liberté religieuse des chrétiens du pays.
Cette nouvelle mesure intervient alors que l'Iran est régulièrement dénoncé par les organisations internationales pour les atteintes à la liberté de religion.
Elormise Pierre
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