Le pape Léon XIV rencontrera le 7 mai le secrétaire d'État américain Marco Rubio, a annoncé le Vatican, quelques semaines seulement après que le souverain pontife a essuyé une vague de critiques de la part du président Donald Trump.
Au cours de son séjour à Rome, du 6 au 8 mai, le chef de la diplomatie américaine devrait également s'entretenir avec le secrétaire d'État du Vatican, Pietro Parolin, et la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, que M. Trump avait vivement critiquée lorsqu'elle avait pris la défense du chef de l'Église catholique.
Au Vatican, M. Rubio "rencontrera les dirigeants du Saint-Siège pour discuter de la situation au Moyen-Orient", a indiqué le porte-parole du département d'État, Tommy Pigott, dans un communiqué.
Il doit également avoir des entretiens avec ses homologues italiens qui "porteront principalement sur les intérêts communs en matière de sécurité et l'alignement stratégique", selon la même source.
Ce voyage de M. Rubio, un fervent catholique qui assiste régulièrement à la messe, intervient après que Donald Trump a surpris de nombreux observateurs en s'en prenant à Léon XIV, premier pape américain de l'Histoire. M. Trump l'a qualifié de "faible" face à la criminalité et "nul" en matière de politique étrangère.
Léon XVI avait auparavant appelé à la paix au Moyen-Orient et déclaré que l'appel du président américain à détruire la civilisation iranienne était inacceptable. Le chef des 1,4 milliard de catholiques du monde s'est également élevé contre la répression généralisée menée par Donald Trump contre les immigrés.
Les médias italiens ont présenté les rencontres de cette semaine comme une tentative de "dégel" des relations entre l'administration américaine et le Vatican.
L'audience privée de M. Rubio avec le pape, prévue jeudi à 11H30 (09H30 GMT), aura lieu la veille du premier anniversaire de la prise de fonctions de Léon XIV.
Partout dans le monde, des chrétiens ont pris la parole pour soutenir le pape après les propos virulents de Donald Trump, qui, selon des analystes, pourraient lui nuire politiquement.
Avant même cet affrontement, des sondages réalisés en mars et avril révélaient une désapprobation croissante à l'égard du président des Etats-Unis parmi les catholiques américains, un signe d'alerte pour celui qui avait remporté la majorité des voix des électeurs catholiques lors de l'élection de 2024.
Cuba est un autre sujet susceptible d'être abordé lors des discussions au Vatican. Le Saint-Siège joue depuis longtemps un rôle actif dans la diplomatie concernant Cuba, où Marco Rubio – un Cubano-Américain – a dirigé les efforts de l'administration Trump pour faire pression sur le gouvernement communiste.
M. Rubio a sollicité une rencontre avec Mme Meloni, a indiqué dimanche à l'AFP une source au sein du gouvernement italien. Elle est prévue vendredi matin.
La dirigeante d'extrême droite est l'une des plus proches alliées européennes de Donald Trump, mais le président américain lui a reproché son manque de courage lorsqu'elle a pris la défense du pape.
M. Trump a également menacé de retirer les troupes américaines d'Italie, affirmant que Rome "ne nous a été d'aucune aide" dans la guerre contre l'Iran.
Le pape et Marco Rubio s'étaient déjà rencontrés au Vatican avec le vice-président américain JD Vance quelques jours seulement après l'élection de Léon XIV.
La Rédaction (avec AFP)