L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté une résolution visant à renforcer la lutte contre les discriminations religieuses en Europe, le 21 avril. En réaction, le Centre européen pour le droit et la justice a dénoncé un déséquilibre dans le traitement des atteintes visant les chrétiens, face à la recrudescence de celle-ci.
Le 21 avril l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a adopté une résolution intitulée "Lutter contre la discrimination fondée sur la religion et protéger la liberté de religion ou de conviction en Europe". Ce texte souligne l'importance de l'article 9 de la Convention européenne des droits humains dans la protection de ces libertés et appelle les États membres à renforcer leurs efforts contre l'antisémitisme, l'islamophobie et d'autres formes d'intolérance religieuse.
Si l'ECLJ salue l’appel de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe invitant les États à améliorer la collecte de données relatives à l’intolérance et à la discrimination fondées sur la religion, elle dénonce en revanche un déséquilibre dans la manière dont les institutions européennes traitent des atteintes visant les chrétiens. Elle souligne particulièrement une hiérarchisation des formes d’intolérance religieuse, révélant une difficulté persistante à reconnaître pleinement les atteintes antichrétiennes.
Dans ce contexte, malgré les résolutions des Nations unies qui condamnent toutes les formes d’intolérance religieuse, y compris celles visant les chrétiens, il n’existe pas à ce jour de mécanisme institutionnel spécifique au niveau de l’Union européenne dédié à la lutte contre la haine antichrétienne. Cette absence contraste avec les dispositifs existants pour combattre l’antisémitisme et la haine antimusulmane.
L’ECLJ a documenté ces attaques et discriminations dans son rapport 2025 sur "La christianophobie et la haine antichrétienne en Europe". L'Observatoire sur l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens a recensé, pour l’année 2024, 2 211 actes de haine visant des chrétiens dans 35 pays, incluant des actes de vandalisme, des incendies d’églises, des agressions physiques ou même des homicides.
La France apparaît comme le pays le plus touché par ces attaques, avec 770 incidents recensés par les forces de l’ordre.
Elormise Pierre
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