Le 22 juin 2025, un terroriste armé a fait irruption dans l’église Saint-Élie de Damas, en Syrie. Dans une vidéo publiée ce mercredi sur YouTube, l’ONG Portes Ouvertes donne la parole à des chrétiens qui étaient présents et lance un cri d’alarme pour cette communauté chrétienne "menacée d’extinction".
Un kamikaze affilié à l’organisation terroriste Daech est entré dans l’église grecque orthodoxe Saint-Élie, située dans le quartier de Dweilaa, à Damas, le 22 juin dernier. Lors de cette messe du soir, il a ouvert le feu, tuant plusieurs fidèles, avant de se faire exploser sur place.
Dans une vidéo publiée sur YouTube ce mercredi, l’ONG Portes Ouvertes a rencontré plusieurs chrétiens présents ce jour-là. Parmi eux, Elias et sa femme, Hanan, témoignent du traumatisme vécu. "Le service se déroulait comme à l’accoutumée", débute Elias. Pourtant, en plein milieu de la cérémonie, des tirs ont commencé à se faire entendre du fond de l’église.
"Les portes se sont ouvertes et nous avons été attaqués par un terroriste qui tirait sur nous à balles réelles, de gauche à droite", se souvient-il. Face à la situation, son frère Boutros s’est jeté sur le terroriste, le plaquant au sol, tandis que son autre frère, Geryos, et d’autres personnes ont tenté de le maîtriser. Ces deux hommes ont été tués lorsque le kamikaze s’est fait exploser.
Sur des vidéos choc, on entend des cris et on voit du sang, des personnes courir et d’autres se tenir la tête en signe de désolation. "L’église était devenue rouge de sang", témoigne Elias, lui-même victime d’une hémorragie artérielle.
"Je n’arrivais pas à comprendre : en dix minutes, tout avait basculé", explique de son côté une jeune chrétienne présente lors du culte. Son père, emmené à l’hôpital, est décédé six heures après l’explosion. Lui et les frères d’Elias font partie des 22 chrétiens tués.
"Peu importe à quel point ils nous terrorisent, nous reviendrons à l’église", a déclaré Hanan. Elias ajoute :
"Nous ne cesserons pas d’être chrétiens. Ces martyrs seront notre force, et non notre faiblesse."
Les chrétiens syriens "menacés d’extinction"
L’attentat a été revendiqué par les membres d’un groupe djihadiste fondé après la chute du gouvernement de Bachar al-Assad. Un an et demi après celle-ci, les chrétiens, qui ne savaient pas à quoi s’attendre, semblent désormais fixés.
"Ce terrible attentat est la partie la plus visible d’un climat de peur qui règne sur la communauté chrétienne", indique Portes Ouvertes. L’organisation lance ainsi un cri d’alarme pour les chrétiens, qu’elle estime "menacés d’extinction" dans la région.
En effet, dans le pays classé 6e dans l'Index Mondial de Persécution 2026, les chrétiens sont tués et les églises attaquées.Depuis cet attentat-suicide, "les églises réduisent leurs activités et certaines reçoivent des menaces de mort".
"Les chrétiens sont surveillés à Alep, incités à se convertir à l’islam à Damas, déscolarisés dans les régions kurdes et insécurisés dans le centre et le nord du pays par la présence de groupes extrémistes."
Mélanie Boukorras