Loi fin de vie : le CPDH interpelle Yaël Braun-Pivet et Sébastien Lecornu

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Dans une lettre envoyée à la Présidente de l’Assemblée nationale et au Premier ministre le 9 juin, le Comité Protestant Évangélique pour la Dignité Humaine a alerté sur les dangers de l’euthanasie. L'organisation appelle ainsi le gouvernement à mettre "un coup d’arrêt au parcours législatif" de la proposition de loi sur la fin de vie. 

"L’euthanasie ne supprime pas la souffrance ou la fragilité, elle supprime le malade. Elle oblige également à estimer la valeur d’une vie afin d’accepter ou non son interruption. Le danger est énorme."

Le président du Comité Protestant Évangélique pour la Dignité Humaine (CPDH), Franck Meyer, a adressé deux lettres, l’une à la Présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et l’autre au Premier ministre, Sébastien Lecornu, envoyées le 9 juin et rendues publiques le 15 juin. 

Intitulées "Proposition de loi Falorni sur la fin de vie", les lettres visent à alerter ces deux personnalités politiques sur les dangers de cette proposition qui, selon le président du CPDH, "fracture considérablement la société française et pousse à un individualisme dangereux".

Déposée à l’Assemblée nationale le 11 mars 2025, cette proposition de loi crée un droit à l’aide à mourir, selon une procédure encadrée accessible à certains malades atteints d’une affection grave et incurable.

Après avoir salué l'adoption à une quasi-unanimité de la proposition de loi visant à garantir l’égal accès aux soins palliatifs, le CPDH a également évoqué les clivages que suscite ce projet de loi. Parmi eux, un amendement écologiste adopté le 10 juin qui prévoit de laisser le choix à la personne, entre l'auto-administration et celle émise par un soignant. Une "ligne rouge" pour le personnel médical. De plus, le Sénat, lors de sa première et deuxième lecture a toujours rejeté le texte.

Le Comité a appelé les deux responsables politiques à prendre en considération sa position : "l’euthanasie est un abandon". L’organisation estime ainsi qu’il est nécessaire d’accompagner et de soutenir les personnes qui souffrent, sans pour autant leur "donner la mort".

"Vouloir bien mourir ne signifie pas réclamer la mort." 

Protéger les personnes "contre tout sentiment d'inutilité ou de perte de dignité" et empêcher un "devoir moral d’effacement" qui pousserait certaines personnes à se donner la mort afin de ne pas être une charge pour leur famille sont deux des arguments avancés pour dénoncer les risques que cette loi ferait peser sur les personnes vulnérables. Le CPDH estime dans une prise de parole ferme que :

"Notre pays n’a pas besoin de mort mais de vie ! Les Français n’ont pas besoin d’une injection létale mais d’une compassion vitale. Ils n’ont pas besoin de découragements mais d’encouragements." 

Le texte est attendu dans l’hémicycle à partir du 22 juin. En cas de nouvelle adoption par l’Assemblée nationale, il retournerait au Sénat avant un ultime examen à l’Assemblée le 15 juillet, dans le cadre de la poursuite de cette réforme souhaitée par Emmanuel Macron.

Le CPDH demande ainsi à la Présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et au Premier ministre de mettre "un coup d’arrêt au parcours législatif de la proposition de loi", au vu des "approximations, imprécisions, incertitudes ou dérives possibles" qu’elle pourrait entraîner. De son côté, le gouvernement a confirmé fin mai vouloir "finir l'examen avant l'été". 

Mélanie Boukorras

Crédit image : Shutterstock / Victor Velter

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