Un homme muni d'un couteau a été interpellé dans l'église Saint-Rémi de Forbach, en Moselle, révèle Le Républicain Lorrain, après avoir crié "Allah Akbar" et semblé chercher le prêtre, sans toutefois exhiber son arme, a annoncé le 9 septembre le parquet. L'incident s'est produit la veille à Forbach en Moselle, près de la frontière allemande.
La police a été alertée par les parents d'adolescentes de 14 ans, scolarisées à proximité, qui ont entendu le suspect crier à plusieurs reprises "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand", en arabe) tout en "cherchant manifestement le prêtre de l'église", a indiqué dans un communiqué le procureur de Sarreguemines, Olivier Glady.
L'homme de 35 ans détenait un couteau pliant, qui "n'avait cependant à aucun moment été exhibé", ainsi qu'une petite quantité de résine de cannabis, selon le magistrat. Il a été placé en garde à vue pour apologie du terrorisme, port d'arme et usage de stupéfiants. Aucun blessé n'a été signalé.
Né en 1991 dans l'ex-Yougoslavie, le suspect n'était pas connu des services locaux de renseignement et ne faisait pas l'objet d'une "fiche S", un signalement utilisé par les autorités françaises pour identifier les personnes considérées comme susceptibles de représenter une menace pour la sûreté de l'État, a précisé le procureur.
Son casier judiciaire comporte deux mentions sans lien avec le terrorisme ou les atteintes aux intérêts de l'État. Le prêtre de la paroisse ne le connaissait pas. L'enquête se poursuit pour cerner son "environnement religieux" ainsi que "son profil psychiatrique", et sa garde à vue sera prolongée.
Cet incident intervient à quelques semaines de la visite en France du pape Léon XIV, qui se rendra le 28 septembre à Metz, non loin de là. Le pontife doit y célébrer une messe à la cathédrale Saint-Etienne, dans le cadre de son voyage apostolique en France.
Dans un message publié sur Facebook, le maire de Forbach, Alexandre Cassaro (droite), a condamné un "acte lâche et odieux, qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques" et salué "le courage et la lucidité" des adolescentes qui ont donné l'alerte ainsi que la "réactivité" des policiers.
Les lieux de culte catholiques ont déjà été visés par des attaques en France. En juillet 2016, le père Jacques Hamel avait été assassiné par deux jihadistes se réclamant du groupe État islamique pendant qu'il célébrait la messe à Saint-Etienne-du-Rouvray, en Normandie (ouest). En octobre 2020, trois personnes ont également été tuées au couteau dans la basilique Notre- Dame de Nice (sud).
La Rédaction (avec AFP)