Les Etats-Unis ont officiellement demandé l'extradition d'un pasteur philippin recherché pour des faits présumés d'exploitation sexuelle, a indiqué le 6 août le ministère philippin des Affaires étrangères.
Apollo Quiboloy, autoproclamé "Fils désigné de Dieu" et proche de l'ancien président Rodrigo Duterte, a été arrêté aux Philippines en 2024 dans une affaire de traite d'êtres humains et encourt la prison à perpétuité. Trois ans plus tôt, un grand jury américain l'avait inculpé notamment pour exploitation sexuelle de jeunes filles et jeunes femmes, âgées de 12 à 25 ans, entre 2002 et au moins 2018.
Etabli en 2021, l'acte d'accusation américain affirme que des jeunes filles âgées de 12 à 25 ans étaient recrutées comme assistantes personnelles de M. Quiboloy afin de préparer ses repas, nettoyer sa résidence, lui prodiguer des massages et avoir des relations sexuelles avec lui.
"Le ministère des Affaires étrangères confirme avoir reçu la demande du gouvernement américain concernant l'extradition d'Apollo Quiboloy. Celle-ci a été transmise au ministère de la Justice", a déclaré à l'AFP sa porte-parole Analyn Ratonel.
Auparavant, l'ambassadeur des Philippines aux Etats-Unis, Jose Manuel Romualdez, avait indiqué à l'AFP que Washington avait officiellement demandé l'extradition du pasteur. L'ambassade des Etats-Unis n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP.
Un porte-parole du ministère philippin de la Justice a expliqué aux journalistes qu'une requête appropriée serait ensuite déposée auprès d'un tribunal après réception de la demande. "En dernier ressort, c'est le tribunal qui détermine si les conditions légales de l'extradition sont remplies", a-t-il dit.
Apollo Quiboloy, qui a plaidé non coupable peu après son arrestation en août 2024, est détenu depuis dans une prison de Manille. Malgré son incarcération, il a été autorisé à se présenter aux élections sénatoriales de mi mandat de 2025, où il n'a pas été élu.
Après son arrestation, la police avait affirmé que les victimes présumées de M. Quiboloy avaient été amenées à croire qu'elles avaient des relations sexuelles avec "l'Esprit de Dieu" et étaient menacées de représailles par des "anges de la mort" si elles révélaient les faits.
L'Eglise Kingdom of Jesus Christ de M. Quiboloy avait alors affirmé que ses membres jouissaient d'une "liberté de choix" et que, par conséquent, "tout ce qui vous arrive (...) relève de votre propre volonté ou de votre propre choix".
Cette puissante secte affirme compter plusieurs millions de fidèles dans ce pays asiatique à majorité catholique.
Le président philippin Ferdinand Marcos avait déclaré en 2024 que son gouvernement n'envisageait pas, dans l'immédiat, d'extrader M. Quiboloy, privilégiant les poursuites engagées contre lui aux Philippines.
La Rédaction avec (AFP)