Quand la FIFA met la prière à l’honneur pendant la Coupe du monde

FIFA _met_prière_’honneur_Coupe_du_monde

Après leurs deux premiers matchs, les joueurs des États-Unis se sont réunis pour prier sur la pelouse. Une scène conduite par Mark McKenzie et relayée par la FIFA. De son côté, Curaçao a choisi d’ouvrir ces temps de prière à ses adversaires allemands puis équatoriens. Une différence qui interroge : prie-t-on pour gagner ou pour adorer Dieu, quel que soit le résultat ?

Un genou posé au sol, les mains levées vers le ciel, le défenseur américain Mark McKenzie conduit ses coéquipiers dans la prière. Derrière lui, les joueurs et plusieurs membres du staff forment un cercle, les bras posés sur les épaules.

Cette image a été publiée conjointement par les comptes officiels de la Coupe du monde de la FIFA et de la sélection américaine. La légende célébrait simplement la victoire des États-Unis, mais le choix de cette photographie a offert une visibilité inhabituelle à la foi chrétienne.

Les États-Unis prient après leurs deux matchs

La sélection américaine s’est réunie pour prier après sa victoire contre le Paraguay, puis une nouvelle fois après son deuxième match face à l’Australie.

À deux reprises, les joueurs ont donc choisi de terminer la rencontre ensemble devant Dieu. Une démarche qui semble d’abord communautaire : la prière unit l’équipe, permet de déposer la pression et rappelle à chacun que son identité ne dépend pas uniquement de sa performance.

Plusieurs internationaux américains parlent ouvertement de leur foi chrétienne. Mark McKenzie affirme notamment que son identité est fondée en Jésus-Christ, tandis que Christian Pulisic a déjà évoqué les temps d’étude biblique vécus avec certains de ses coéquipiers.

Curaçao ouvre le cercle aux adversaires

La démarche de Curaçao semble encore plus ouverte. Après sa lourde défaite contre l’Allemagne, plusieurs joueurs curaçaoans ont prié avec des internationaux allemands. Quelques jours plus tard, après le match nul obtenu face à l’Équateur, des joueurs des deux sélections se sont de nouveau retrouvés dans un cercle de prière.

En deux rencontres, Curaçao a donc prié avec ceux qui venaient de le battre, puis avec ceux contre lesquels il venait d’obtenir un match nul. Il ne s’agit pas d’opposer les démarches ni de juger les motivations des joueurs. Mais ces images montrent deux expressions différentes de la foi : l’une davantage vécue à l’intérieur d’une équipe, l’autre ouverte aux adversaires.

Prier pour gagner ou adorer Dieu ?

Pour Joël Thibault, aumônier du sport et fondateur de PlusQueSportifs, ces scènes sont encourageantes, mais elles posent une question essentielle.

"Invoque-t-on Dieu principalement pour qu’il fasse gagner notre équipe ou l’adore-t-on parce qu’il demeure Dieu, quel que soit le résultat ? La prière ne doit pas devenir un moyen d’instrumentaliser Dieu au service de la performance."

Dieu n’est pas un douzième homme que chaque sélection pourrait essayer d’attirer dans son camp. Deux équipes peuvent prier avant de s’affronter, mais l’une d’elles devra peut-être perdre.

La prière de Curaçao après sa défaite contre l’Allemagne prend alors une dimension particulière. Les joueurs n’ont pas attendu une victoire pour se tourner vers Dieu. Ils ont choisi de prier malgré le résultat, et de le faire avec leurs adversaires.

La foi chrétienne ne devrait cependant pas être visible uniquement après le coup de sifflet final. Elle devrait aussi influencer le déroulement du match : la manière de respecter l’arbitre, de réagir à une faute, d’accepter une décision défavorable ou de considérer l’adversaire.

"Là où il y a le plus de prières adressées au Christ, on devrait aussi s’attendre à voir l’atmosphère la plus paisible et la plus fraternelle sur le terrain, avec un recul de la violence, des provocations et des insultes", estime Joël Thibault.

Cela ne signifie pas jouer sans intensité. La paix biblique n’exclut ni l’engagement ni la combativité. Elle permet simplement de se battre pour gagner sans transformer l’adversaire en ennemi.

En relayant la prière conduite par Mark McKenzie, la FIFA a donné à la foi une visibilité mondiale. Mais la plus belle image ne sera pas seulement celle d’un cercle après le match. Elle sera celle d’une prière qui produit de la paix, de la maîtrise de soi et de la fraternité pendant les 90 minutes.

La Rédaction de Plus Que Sportifs

Crédit image : Instagram / fifaworldcup

Dans la Rubrique Sport >



Les nouvelles récentes >