De sa naissance à Atlanta à son assassinat, en passant par "I have a dream". À Strasbourg, une exposition retrace le parcours de Martin Luther King, champion de la lutte contre le racisme, avec l'ambition de "redonner de l'espoir" aux jeunes générations.
Il s'appelait Michael, mais son père le rebaptisa Martin Luther dans les années 1930 après un voyage en Allemagne sur les traces du fondateur de la réforme protestante, rappelle Ashley Woods, commissaire de l'exposition "Martin Luther King - Droit à la liberté", présentée jusqu'au 17 janvier à la Bibliothèque nationale universitaire (BNU) de Strasbourg.
À l'âge de six ans, le jeune enfant noir né à Atlanta en 1929 se retrouve ainsi bien engagé sur la voie religieuse. Malgré des velléités de devenir avocat, il choisira d'être pasteur comme son père, mais dans la ville de Montgomery, en Alabama.
C'est là qu'il engagera en 1955 un boycott des bus de la ville pour protester contre la ségrégation raciale à bord, un événement fondateur du mouvement des droits civiques aux États-Unis.
"Il faisait une grande différence entre la résistance non violente et le pacifisme", analyse M. Woods. La marche sur Washington en 1963, est l'apogée de sa carrière, lorsqu'il prononce son célèbre discours "Je fais un rêve" devant 250.000 personnes.
"C'était improvisé", rappelle Valérie Baud-Candau, directrice adjointe de la Fondation René Cassin, qui co-organise l'exposition avec le King Center d'Atlanta. Le texte original de ce discours de 17 minutes n'existe pas.
L'année suivante, "MLK" est récompensé par le prix Nobel de la paix. Il sera assassiné en août 1968 dans des conditions toujours obscures, selon M. Woods. Un certain James Earl Rey, condamné à la perpétuité pour assassinat, mourra en prison en 1998.
Martin Luther King "recevait des menaces de mort tous les jours", rappelle le commissaire de l'exposition. "Même ses enfants en reçoivent encore aujourd'hui".
Pour lui, l'exposition, qui rassemble des photos, des vidéos, des livres et des journaux de l'époque, ambitionne de "redonner de l'espoir" à la jeunesse, à une époque où le combat anti-raciste est contesté, notamment par l'extrême droite américaine. "Il y a tellement peu de modèles inspirants aujourd'hui. Or l'Histoire n'est pas remplie que de gens dégueulasses", estime-t-il.
Parmi les présentations de l'exposition, un "Dream builder", un logiciel très apprécié des jeunes visiteurs, permet à tout un chacun de définir son propre rêve sur grand écran, à l'exemple de Martin Luther King.
La Rédaction (avec AFP)