La justice sri-lankaise a interdit le 3 juin à l'ex-président Gotabaya Rajapaksa de voyager à l'étranger, dans le cadre de l'enquête sur les attentats jihadistes qui avaient fait 279 morts le dimanche de Pâques 2019.
Un juge de la capitale Colombo a émis la même interdiction à l'endroit de deux officiers de renseignement de l'armée. "La sortie de ces trois individus du territoire constituerait un obstacle à l'enquête", ont justifié les policiers en charge de l'affaire devant le tribunal.
Le dimanche 21 avril 2019, des kamikazes se sont fait exploser dans trois hôtels de luxe et trois églises du pays, remplies de fidèles pour la messe pascale. Les autorités avaient aussitôt attribué la responsabilité du massacre à un mouvement jihadiste local qui avait prêté allégeance au groupe Etat islamique.
Mais l'Eglise catholique, la presse et des témoignages ont depuis mis en lumière le rôle de l'armée dans la préparation des attentats et dénoncé un complot qui visait à semer le chaos au profit de l'ex-officier Gotabaya Rajapaksa, élu président en novembre 2019. L'ancien chef de l'Etat, déchu en 2022 à la faveur d'une grave crise financière, a toujours nié ces accusations.
M. Rajapaksa n'a jusque-là jamais été considéré comme un suspect par les enquêteurs de la police judiciaire sri-lankaise (CID), mais la décision rendue mercredi le lie pour la première fois à leurs investigations.
En février dernier, l'enquête a fait un bond spectaculaire, avec l'arrestation d'un haut responsable des services de renseignement à l'époque, le général à la retraite Suresh Sallay, accusé de "complicité dans l'organisation et l'exécution des attentats de Pâques".
La Rédaction (avec AFP)