Face aux températures extrêmes qui touchent actuellement la France, les églises accueillent un nombre croissant de visiteurs en quête de fraîcheur. Un phénomène qui illustre une nouvelle façon de (re)découvrir le patrimoine religieux chrétien.
Depuis le 25 juin, soixante-douze départements français sont placés en vigilance rouge canicule. Alors que 90% des Français sont exposés à des chaleurs extrêmes, les églises deviennent des refuges.
À Vézelay, dans le département de l'Yonne, la célébration prévue sur le parvis de la basilique Sainte-Marie-Madeleine a été déplacée à l'intérieur de l'édifice en raison de la chaleur. Près de 600 personnes se sont ainsi retrouvées dans l'édifice du XIIᵉ siècle pour célébrer l'obtention du label Grand Site de France, décerné à la commune en janvier dernier.
Cet exemple n'est pas un cas unique. En effet, selon le recteur de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers, le père Aymeric de Boüard, de nombreux visiteurs ne viennent plus uniquement pour admirer l'église mais également pour profiter de sa fraîcheur. L'édifice est ouvert de 8h à 20h.
Dans les petites communes également, les édifices religieux jouent un nouveau rôle. À Passavant-en-Argonne, dans le département de la Marne, la nouvelle équipe municipale a décidé d'ouvrir tous les jours l'église communale de 12h à 20h, permettant de protéger les habitants de la chaleur, mais aussi de créer un lieu de rencontre, rompant ainsi l'isolement. À Saint-Omer, la mairie a également ouvert l'église Saint-Denis et la chapelle des Jésuites, désacralisée, afin d'offrir aux habitants un refuge frais pendant l'épisode caniculaire.
Dans ce contexte de fortes chaleurs, les églises deviennent des refuges climatiques partout en France. Une manière inattendue de redécouvrir ces lieux sacrés.
Elormise Pierre