Colombie: épinglé pour violation de la laïcité, le président loue "le Christ"

Colombie: épinglé pour violation de la laïcité, le président loue "le Christ"

"Vive le Christ !", s'est exclamé dimanche le président colombien, Abelardo de la Espriella, dans un message censé constituer des excuses publiques ordonnées par la justice pour violation du principe de la laïcité lors de son investiture.

Un rabbin, un prêtre catholique et un pasteur évangélique étaient intervenus pendant la cérémonie du 7 août, qui avait inclus des chants religieux et des prières. "Je tiens à dire au peuple colombien que son président est aujourd'hui plus que jamais déterminé pour la patrie, et que vive le Christ-Roi, que Dieu bénisse la Colombie", a déclaré le chef de l'Etat dans un message diffusé sur les réseaux sociaux.

"Tout comme la Constitution protège mon droit à professer librement (ma religion) et à le faire de manière publique et privée, si cet acte a pu générer un malaise ou s'il a offensé quelqu'un, en ma qualité de chef de l'État, j'en présente mes excuses", a ajouté le dirigeant issu de la droite dure.

Abelardo de la Espriella a également souligné que "bien que je m'identifie comme croyant et que je sois catholique, je respecte la séparation entre l'Eglise et l'Etat et je garantirai (...) les libertés et les droits de tous les Colombiens sans aucune distinction, y compris la liberté de professer n'importe quelle religion ou de n'en professer aucune". Mercredi, un juge a ordonné au chef de l'Etat de présenter des excuses "pour avoir porté atteinte à la neutralité religieuse de l’Etat", qui est laïc en vertu de la Constitution.

Cet avocat millionnaire, qui s'est par le passé déclaré athée, a effectué un revirement durant la campagne électorale dans un pays à forte tradition catholique, affirmant avoir vécu un processus de transformation spirituelle qui l'a rapproché de Dieu. Plusieurs Eglises ont soutenu sa candidature. Son cabinet comprend des figures issues de milieux évangéliques.

L'opposition de gauche critique la "bataille culturelle" menée par son gouvernement, qui vise selon elle à faire régresser les droits fondamentaux et à promouvoir la famille traditionnelle et la religion. L'une des décisions critiquées par la gauche est un décret du ministère de l'Education prévoyant que les Eglises participent à l'élaboration des programmes dans les écoles publiques.

La Rédaction avec l'AFP

Crédit image : Shutterstock / Anamaria Mejia


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