Libéré après deux semaines de détention en raison de messages jugés blasphématoires sur l'islam, un pasteur kurde a pu retrouver sa famille, le 3 août. Le président-fondateur de Christian Solidarity Worldwide alerte sur cette arrestation qui semble "arbitraire".
Le 3 août, le pasteur kurde Nihad Hassan a été libéré de prison. Il était détenu depuis deux semaines à Afrin, en Syrie, rapporte International Christian Concern. Il rendait visite à sa famille lorsqu’il a été arrêté par la police sous prétexte de messages offensants envers l’islam publiés sur ses réseaux sociaux.
Le pasteur avait également dénoncé les dangers auxquels sont exposés les Kurdes, un groupe ethnique minoritaire dans le pays, et en particulier les convertis de l'islam.
Une fois libéré, il est arrivé à Beyrouth, au Liban, à la demande des autorités syriennes pour des motifs de sécurité. Le pasteur y a été accueilli dans la joie et sous les applaudissements. "Nous sommes encouragés et reconnaissants pour l'intervention de Dieu", a déclaré Wissam Nasrallah, président du Séminaire théologique baptiste arabe dans la capitale libanaise.
De son côté, le président fondateur de Christian Solidarity Worldwide, Thomas Mervyn, a salué la libération de Nihad Hassan tout en s’inquiétant d’une arrestation arbitraire "sans accusation", dans un communiqué publié le 6 août.
"Nous craignons qu'il n'ait été détenu pendant deux semaines sans accusation et appelons le gouvernement de transition de la Syrie à mettre fin à l'utilisation de l'arrestation et de la détention arbitraire dans les zones sous son contrôle."
En outre, il a également encouragé les dirigeants de chaque communauté religieuse "à s’unir contre le sectarisme et à le contrer par la promotion proactive de la paix, de la justice et de la réconciliation".
La Syrie est classée 6e dans l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026 de l’ONG Portes Ouvertes. Dans plusieurs villes et régions, les chrétiens sont surveillés, incités à se convertir à l’islam, déscolarisés ou encore en situation d’insécurité en raison de la présence de groupes extrémistes, indique l’ONG.
"Dans un contexte de violences confessionnelles et communautaires, sans État de droit, des chrétiens sont tués et des églises attaquées. Depuis l’attentat-suicide contre l’église Saint-Élie, les églises réduisent leurs activités. Certaines reçoivent des menaces de mort."
Mélanie Boukorras