En 2016, l'attentat du restaurant Holey Artisan Bakery à Dhaka, au Bangladesh, a fait 22 morts. Aujourd’hui encore, le pays reste confronté à la progression du fondamentalisme religieux.
Cet été, le Bangladesh a commémoré un anniversaire douloureux : celui de l’attentat terroriste perpétré dans le restaurant Holey Artisan Bakery, à Dhaka, la capitale. Cinq assaillants avaient demandé aux personnes présentes sur place de réciter des sourates du Coran. Ceux qui ne le pouvaient pas étaient alors brutalement assassinés. La prise d’otages a duré toute la nuit. Cet acte, qui visait uniquement les non-musulmans, a donné une dimension religieuse à cet attentat.
Vingt-deux personnes sont décédées, parmi lesquelles 17 ressortissants étrangers, trois clients et deux policiers. Lorsque les forces de l’ordre sont parvenues à mettre un terme à la prise d’otages, elles ont réussi à sauver 13 personnes.
Depuis, le Bangladesh, pays composé à 91 % de musulmans, n’est pas devenu plus sûr pour les minorités religieuses, au contraire. Il y a quelques mois, des alertes de sécurité auraient été diffusées concernant le risque d’attentats terroristes visant des lieux stratégiques dont les bâtiments gouvernementaux, les lieux de culte ou encore les installations policières et militaires.
Les risques d’attaques ne sont pas les seules menaces qui pèsent sur les minorités religieuses. Au quotidien, des discours de haine, le rejet social ou encore des menaces visent ces populations. Le changement de religion est également mal vu, les chrétiens anciennement musulmans devenant des cibles privilégiées. Ainsi, l’année dernière, le 22 mars 2025, un vieil homme converti au christianisme a été violemment battu par un groupe de jeunes qui l'accusait de convertir les musulmans, rapporte Portes Ouvertes.
Aujourd’hui, le danger réside dans le fait que le fondamentalisme religieux, proche de l’extrémisme religieux, gagne du terrain au Bangladesh. Cela se ressent au sein du gouvernement, où 20 % des députés y adhèrent. Une évolution qui contraste avec l’ancien gouvernement, qui se montrait plus sévère envers l’extrémisme politique islamiste.
Le partenaire local de Portes Ouvertes, ONG au service des chrétiens persécutés, a fait part de ses inquiétudes :
“Les groupes et partis politiques islamistes militants ont augmenté ces dernières décennies. (...) Les membres de ces groupes sont agressifs, vindicatifs et intolérants vis-à-vis des non-musulmans. Ils sont financés, encouragés et soutenus de diverses manières. Les personnes en faveur de ces militants extrémistes plaident leur cause publiquement. À la télévision, comme lors de manifestations, ils prétendent que le terrorisme n’existe pas au Bangladesh.”
Mélicia Branco