Les Chapelles NBA et l’aumônerie du sport ont-elles le même but ?

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La NBA — National Basketball Association —, référence du basketball professionnel en Amérique du Nord, offre à l’ensemble de ses équipes la possibilité d’ouvrir des salles de prière, appelées "NBA Chapels" ("chapelles NBA"), mises à disposition des joueurs et des membres du staff avant et après les matchs. Peut-on parler de similitudes entre ces chapelles NBA et l’aumônerie du sport ?

Récemment, le quotidien sportif L’Équipe a publié un article sur la présence de salles de prière au sein de la NBA, la ligue professionnelle nord-américaine de basketball. Nous tenons avant tout à saluer cette publication, qui n’a pas hésité à montrer les coulisses d’une initiative en lien avec la foi chrétienne.

Ces salles de prière, sont issues d’un mouvement qui a démarré en 1976 avec la première trace de prière collective de joueurs à Denver et qui a ensuite été largement développé par Bill Alexson, lui-même soutenu par la présence de plusieurs joueurs chrétiens au sein de la ligue. Les franchises NBA disposent aujourd’hui de ces salles dans lesquelles des aumôniers bénévoles sont présents pour accompagner les personnes désireuses d’y passer du temps avant et après les matchs.

Nous avons donc demandé à l’aumônier du sport Joël Thibault de réagir à cet article de L’Équipe. Dans un premier temps, il exprime son émotion en décrivant cet article comme "beau et surprenant", car il est rare qu’un média sportif quotidien se penche autant sur une initiative liée à la foi chrétienne. Ayant eu l’occasion de se rendre dans une "chapel" en MLS (ligue professionnelle nord-américaine de football), il rappelle que l’aumônerie du sport garantit la confidentialité des personnes passant dans ces salles de prière. Il s’étonne toutefois de lire que le journaliste ait découvert que l’aumônier des San Antonio Spurs, Sam Johnson, recevait des SMS de Jayson Tatum, joueur des Boston Celtics. Il rappelle l’importance de protéger l’identité des personnes s’arrêtant dans les chapelles face à "la recherche de sensationnel de la part des journalistes".

Il convient de se demander si l’aumônerie du sport et les chapelles NBA sont similaires puisque ces dernières accueillent des aumôniers. Joël Thibault répond à cela avec nuance :

"Les chapelles sont actives le jour du match et sont dédiées à un temps où les sportifs des deux équipes viennent chercher un mot de motivation basé sur un enseignement du Christ afin de porter un regard sur son humilité et son amour. Ce n’est pas une étude biblique : il y a un temps de prière très court. On peut regretter que, dans cet article de L’Équipe, le journaliste ne se soit pas davantage intéressé à l’accompagnement des sportifs en dehors des matchs, car l’aumônerie du sport ne se réduit pas à la notion de service de chapelle. Elle repose sur une présence aux entraînements afin de prendre davantage de temps pour écouter le sportif, accueillir ses émotions tout au long de la semaine, voire après les matchs, et échanger dans la confidence."

Il est en effet possible de retrouver des services d’aumônerie du sport aussi bien en club que lors d’événements sportifs majeurs tels que des championnats internationaux ou les Jeux olympiques. Joël Thibault explique qu’"il est possible pour les athlètes de différentes nations et de différents sports de venir, à certaines heures, assister à un moment collectif de fraternité spirituelle avec des chants gospel de louange, une étude biblique, une prédication apportée par un orateur et des prières". 

"Mais, la plupart du temps, il s’agit surtout de trouver un lieu calme pour s’entretenir individuellement, verbaliser ses émotions et poser des questions existentielles. Certains sportifs viennent nous demander la prière afin de trouver la paix ou la consolation dans l’échec ou les épreuves qu’ils traversent."

Cette approche de l’aumônerie dépasse la simple notion de chapelle NBA que l’on retrouve dans l’article de L’Équipe. Celui-ci évoque la présence, aux États-Unis, de salles de prière dans d’autres lieux que les salles de basketball, tels que les aéroports, les hôpitaux ou les prisons. Toutefois, cela ne se limite pas à l’État fédéral américain : la France accueille également des aumôneries dans les services publics, comme les hôpitaux ou les prisons, comme l’explique Joël Thibault :

"Les aéroports tels que Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et Aéroport de Paris-Orly, les hôpitaux, les prisons et l’armée disposent également de salles de prière et d’aumôniers. Notre pays connaît donc déjà cette réalité, même si le grand public l’ignore encore. D’ailleurs, Publications Chrétiennes a publié un excellent ouvrage sur l’aumônerie sous toutes ses formes dans la sphère séculière, dirigé par l’aumônier québécois Donald Rodier. J’ai eu l’occasion de contribuer à ce très beau livre avec une vingtaine d’autres aumôniers."

"Ces moments nous permettent de nous connecter aux autres, et surtout d’entendre la parole de Dieu pour l’appliquer dans nos vies", a-t-il ajouté.

Un joueur des San Antonio Spurs, Harrison Barnes, a accepté de témoigner dans l’article de L’Équipe. Au-delà du fait qu’il apprécie la présence de cette chapelle au sein du Frost Bank Center, l’enceinte dans laquelle il joue, car il n’a pas l’occasion de se rendre à l’église en raison de son agenda chargé et probablement de sa notoriété.

La présence médiatique des joueurs NBA peut être considérée comme une aubaine pour certaines personnes liées à la foi chrétienne, comme le mentionne l’article dans lequel Bill Alexson, fondateur du "NBA Chapel Program", ne cache pas son désir d’évangéliser le monde grâce aux joueurs NBA. Un désir tempéré par Joël Thibault, qui prône plutôt un accompagnement et un soutien permanents.

"L’évangélisation par le biais des joueurs NBA ne doit pas être le but. Il faut plutôt encourager un athlète chrétien à témoigner s’il le désire. L’aumônerie doit prendre soin des sportifs ; elle n’est pas là pour les exposer, car ils sont en cheminement dans leur foi."

La conclusion de l’article montre qu’il existe une volonté d’orientation religieuse à travers la mention de James Naismith, inventeur du basketball, par Sam Johnson, aumônier des San Antonio Spurs. Joël Thibault précise que "James Naismith était chrétien". En s’adressant à l’auteur de l’article, l’aumônier du sport explique que "ce sont les valeurs chrétiennes et l’amour du prochain qui ont poussé James Naismith à inventer le basketball, pensé à l’origine comme un sport sans contact. Les conditions hivernales rendant difficile la pratique sportive en extérieur ont également favorisé la création de ce sport."

La Rédaction de Plus Que Sportifs remercie Joël Thibault d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

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