"Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée", a affirmé Léon XIV devant des membres de la Fondation Lejeune qu'il recevait le 22 juin, trois mois avant sa visite en France où le débat sur l'aide à mourir bat son plein.
"Jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d'algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée", a lancé le pape américain devant les membres de cette fondation portant le nom du généticien français Jérôme Lejeune (1926-1994), déclaré "vénérable" par l'Eglise catholique en 2021.
"Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine, et notamment auprès des pouvoirs publics", a-t-il ajouté lors de cette entrevue organisée à l'occasion du centenaire de la naissance du médecin qui a co-découvert en 1958 la trisomie 21.
Issue des milieux catholiques conservateurs et farouchement opposée à l'IVG, à la PMA ou encore à l'euthanasie, la Fondation Lejeune est l'une des organisations les plus en pointe du mouvement pro-vie français avec en étendard la défense des personnes porteuses de trisomie 21.
Le pape s'exprimait alors qu'en France les députés examinent pour la troisième fois, à partir de lundi, la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir, accessible sous conditions à certains malades atteints d'une affection grave et incurable.
Ce texte qui devrait, sauf coup de théâtre, être définitivement adopté le 15 juillet, a suscité une vive opposition de l'Eglise catholique en France qui a multiplié les prises de positions sur le sujet, dénonçant "un basculement anthropologique qui modifie en profondeur les repères de la société".
Léon XIV est attendu en France du 25 au 28 septembre en France pour une visite d'Etat, la première d'un pape depuis 2008, où il se rendra notamment à Paris et à Lourdes.
La Rédaction (avec AFP)