Comment garder dans l'Église les nouveaux baptisés, de plus en plus nombreux mais souvent mal accompagnés ? Conscients du défi, les évêques d'Ile-de-France ont lancé une vaste consultation avec pour but de transformer l'accueil en paroisses.
"A ce jour 3.300 questionnaires, correspondant à 30.000 participants, ont été collectés", explique le père Maximilien de la Martinière, secrétaire général de cette "Assemblée ecclésiale provinciale", jeudi lors d'un point-presse.
Depuis le 25 janvier et jusqu'à juin, les catéchumènes (postulants au baptême), néophytes (nouveaux baptisés), accompagnateurs, diacres et prêtres sont invités à s'exprimer lors de cette assemblée initialement appelée "Concile provincial".
Car l’Église se trouve confrontée à un paradoxe, non documenté statistiquement mais bien connu des paroisses : les baptêmes augmentent pour les adultes (+28% cette année) et les adolescents (+10%), mais l'engouement tend à retomber rapidement.
"On se sent très accompagnés au catéchuménat, mais on ne fait pas le point" après, explique Audrey Bourgès, 25 ans, baptisée à Notre-Dame de Paris lors de sa réouverture en décembre 2024.
Elle-même a intégré les scouts mais elle s'interroge: "que se passe-t-il pour une personne un peu plus âgée ou isolée, ne risque-t-elle pas de s'éloigner, d'arrêter d'aller à la messe?"
Le Concile a déjà permis de dégager des pistes d'amélioration "très concrètes", explique Inès Bettel Ta-ninga, du diocèse de Saint-Denis: créer des espaces de discussion, du mentorat avec des paroissiens plus anciens, des messes plus pédagogiques pour "comprendre ce qu’il s’y passe".
Une synthèse doit être rédigée pour la mi-juillet, et ce avec l'aide d'une intelligence artificielle, selon Maximilien de la Martinière - une innovation annoncée à quelques jours de la publication, par le pape Léon XIV, d'une encyclique sur le sujet.
Cette IA, baptisée Philoxène et stockée sur un serveur privé, a "ingurgité tous les textes du droit canon, tout l'écosystème catholique", et par précaution "une vingtaine de personnes vont aussi éplucher manuellement une cinquantaine de questionnaires" chacune, ajoute-t-il.
S'ouvrira ensuite une longue phase de travail, jusqu'à la publication, à la Toussaint 2027 par les évêques, de décrets provinciaux "pour une application concrète sur le terrain".
L'initiative intéresse "toutes les autres provinces" de France, mais également à l'étranger, où les baptêmes de jeunes frémissent également, explique M. de la Martinière, qui dit avoir été contacté par des Tchèques, des Belges, des Suisses, et même "un curé de l'Illinois très intéressé" par la synthèse.
La Rédaction (avec AFP)