Une loi anti-conversion adoptée le 28 août suscite une vive inquiétude au sein de la communauté chrétienne en Inde. Face au durcissement, des églises demandent désormais à leurs fidèles de signer des formulaires attestant qu’ils participent aux cultes de leur plein gré.
Des représentants de la communauté chrétienne de Mumbai craignent une recrudescence des attaques de "groupes de justiciers" contre les églises depuis l’entrée en vigueur, le 28 août, de la loi anti-conversion du Maharashtra, en Inde, rapporte Christian Today.
Face à cette situation, des églises demandent désormais aux fidèles de signer des formulaires de consentement, attestant qu’ils assistent aux cultes de leur propre initiative.
Selon des représentants de la communauté chrétienne, environ 4 000 églises de la région métropolitaine de Mumbai ont adopté cette mesure pour protéger les fidèles et les responsables religieux contre d’éventuelles accusations de conversion forcée.
Cette mesure prise par les responsables religieux intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des activités chrétiennes. Le pasteur de Vasai dans le district voisin de Palghar, Sam Mathai, affirme que onze attaques ont visé des églises de la région au cours des six derniers mois. Selon le porte-parole de la Bombay Catholic Sabha, Dolphy D’Souza, ces derniers événements ont renforcé la nécessité de disposer d'un moyen de protéger les fidèles.
"Ces formulaires sont la moindre mesure de sécurité que nous puissions prendre pour nous protéger contre des poursuites judiciaires."
Ces inquiétudes sont également partagées par plusieurs organisations. Le 24 août à Mumbai, vingt groupes religieux de la société civile et des droits des femmes se sont opposés à la loi lors d’une conférence de presse. Ils l’ont qualifiée de "régulation intrusive des choix personnels", estimant qu’elle menace la liberté de pratiquer et de propager sa foi, en imposant aux fidèles de prouver leur innocence.
Les opposants contestent également sa nécessité, estimant que les conversions religieuses obtenues par la fraude ou la contrainte sont déjà punissables en vertu du droit pénal indien. Pour Dolphy D’Souza, cette mesure ne répond pas à un vide juridique mais risque d’être utilisée comme un instrument politique pour cibler les minorités religieuses.
Elormise Pierre