Un juge nigérian a reconnu le 3 juin quatre hommes coupables de terrorisme lors d'un procès médiatisé portant sur un massacre commis en 2022 dans une église, tandis qu'un cinquième accusé a été acquitté.
L'attaque à l'arme à feu et aux explosifs contre l'église catholique Saint-François-Xavier dans la ville d'Owo, dans l'État d'Ondo (sud-ouest du Nigeria), a fait plus de 40 morts et une centaine de blessés, selon les autorités.
Alors qu'une grande partie du nord et du centre du Nigeria est en proie à la violence des groupes jihadistes et des bandes criminelles appelées localement bandits, ce massacre, survenu pendant les célébrations de la Pentecôte, a constitué une attaque rare et particulièrement choquante dans le sud-ouest du pays, généralement plus calme.
Le juge Emeka Nwite a déclaré devant la Haute Cour fédérale d'Abuja qu'Idris Abdulmalik Omeiza, Al Qasim Idris, Jamiu Abdulmalik et Abdulhaleem Idris coupables des neuf chefs d'accusation retenus contre eux en vertu de la loi nigériane de 2022 sur la prévention et l'interdiction du terrorisme.
Les charges vont de l'appartenance à un groupe terroriste à la planification et à l'exécution de meurtres.
Chacun a été condamné à une peine de réclusion à perpétuité, à deux peines de 20 ans d'emprisonnement, ainsi qu'à six condamnations à mort. Le Nigeria n'applique toutefois plus la peine capitale.
Le cinquième accusé, Momoh Otuho Abubakar, a été acquitté de l'ensemble des charges, y compris de financement du terrorisme.
"La justice a été rendue, justice a été faite pour les victimes assassinées de sang-froid", a déclaré le procureur Ayodeji Adedipe à la presse. L'avocat de la défense, Abdullahi Muhammad, a annoncé vouloir faire appel.
Malgré ces condamnations, de nombreuses zones d'ombre subsistent autour de cette attaque, qui n'a été revendiquée par aucun groupe armé au moment des faits. Quatre ans plus tard, plusieurs personnes recherchées dans le cadre de l'enquête sont toujours en fuite.
Avant l'ouverture du procès, les autorités ont affirmé que le groupe jihadiste somalien Al- Shabaab était lié à l'attaque. Mais des membres des forces de sécurité ont ensuite indiqué que les assaillants appartenaient en réalité à l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), au sein d'une cellule appelée "Al-Shabaab", ("la jeunesse" en arabe).
Les accusés ont affirmé avoir été torturés lors de leurs interrogatoires. Selon leur avocat, ils ont également été détenus pendant plusieurs années dans des lieux tenus secrets, sans accès à une assistance juridique, avant l'ouverture du procès en 2025.
La Rédaction (avec AFP)