Les Forces démocratiques alliées ont tué 43 chrétiens et brûlé des dizaines de maisons en République démocratique du Congo, le 2 avril. Cette attaque s’inscrit dans une série de violences récurrentes où des fidèles sont régulièrement pris pour cible.
Le 2 avril, Jeudi saint pour les catholiques, les Forces démocratiques alliées (ADF) ont tué 43 chrétiens et brûlé 44 maisons dans le territoire de Mambasa, en République démocratique du Congo.
Le représentant de la société civile a indiqué que les recherches se poursuivaient, tout en précisant que le bilan de l’attaque pourrait s’alourdir.
"Certaines victimes ont été brûlées dans leurs maisons, et d’autres se trouvent encore dans la brousse. Les assaillants ont surpris la population dans son sommeil ; les victimes ont été tuées par balles, et plusieurs ont été décapitées à la machette. Les images sont insoutenables."
Le même jour, lors d’une session parlementaire, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a condamné ces tueries et ces enlèvements. Il a également exhorté le gouvernement congolais à protéger la population dans la zone touchée.
"Au nom de l’Assemblée nationale, nous condamnons fermement ces actes choquants et appelons le gouvernement à tout mettre en œuvre pour mettre fin à ces tueries et à protéger nos compatriotes dans cette partie du territoire national."
De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya a souligné la nécessité d’une réponse ferme face aux violences en cours et a insisté sur l’importance de renforcer les dispositifs de sécurité afin de "démanteler les réseaux terroristes".
"Les Forces Armées de la République démocratique du Congo tiennent à rassurer la population : tous les dispositifs de sécurité sont en cours de renforcement afin de protéger les civils, rétablir l’ordre et neutraliser les ADF et leurs alliés. Des opérations militaires ciblées sont intensifiées pour traquer et démanteler les réseaux terroristes."
Il a appelé la population à rester vigilante, à coopérer avec les forces de sécurité et à signaler toute activité suspecte. Enfin, le porte-parole a assuré que les autorités "travaillent en étroite collaboration avec les gouverneurs militaires de l’Ituri et du Nord-Kivu" et a réaffirmé leur "solidarité avec toutes les communautés affectées".
Selon l’ONG Portes Ouvertes dans les zones où les ADF sont actives, les chrétiens sont en permanence menacés. Les hommes sont attaqués ou tués, les femmes subissent des violences sexuelles, tandis que les enfants sont enlevés dans les écoles. Les villages à majorité chrétienne sont pris pour cible.
Elormise Pierre