Un rapport de l'ONG International Christian Concern, publié le 5 juin, met un coup de projecteur sur la persécution des chrétiens au Vietnam. Selon l’organisation, des croyants continuent d’être poursuivis ou emprisonnés en raison de leur appartenance à des groupes religieux non reconnus par les autorités.
International Christian Concern a publié, le 5 juin, un rapport intitulé "Liberté de culte : une fausse réalité au Vietnam", qui examine l’état actuel de la liberté religieuse et de la persécution chrétienne dans le pays communiste.
Au Vietnam, les chrétiens sont considérés comme antipatriotiques. Le gouvernement surveille et régule étroitement l’expression religieuse, et les églises qui défient les règles du régime sont contraintes de se cacher. Selon le rapport, le Parti exerce un contrôle strict sur les groupes religieux et leurs dirigeants. Il n’hésite pas à engager des poursuites pénales et à prononcer des peines d’emprisonnement, souvent jugées infondées. En dépit de l’article 24 de la Constitution vietnamienne, qui garantit à chaque citoyen la liberté de religion et l’égalité de toutes les religions devant la loi, 57 prisonniers religieux demeurent détenus dans le pays.
Nay Y Blang a été arrêté le 18 mai 2023 et emprisonné en vertu de l’article 331 du Code pénal vietnamien de 2015 pour "abus des libertés démocratiques". Les autorités lui reprochent notamment son appartenance à l’Église évangélique du Christ des Hauts Plateaux du Centre et sa participation aux activités de cette organisation religieuse non reconnue par l’État.
De son côté, Dinh Yum a été arrêté en mars 2014 et condamné à onze ans de prison en vertu de l’article 87 du Code pénal vietnamien de 1999 pour "atteinte à la politique d’unité nationale". Il a été accusé de promouvoir le protestantisme.
Selon l'ONG Portes Ouvertes, les personnes qui deviennent chrétiennes après avoir quitté un milieu bouddhiste ou une religion traditionnelle sont confrontées à la plus forte persécution de la part de leurs propres communautés, ainsi que des autorités locales, qui se méfient déjà de ces groupes minoritaires.
Elormise Pierre