Attentat raciste à Trappes : la foi chrétienne de la victime dévoilée

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Un jeune homme de 26 ans a été tué et cinq personnes blessées lors d'une attaque raciste à Trappes, le 23 octobre. Alors que l'enquête se poursuit, la sœur de la victime a témoigné de leur foi chrétienne et de sa douleur face à ce drame.

Le 23 octobre, vers 10 h 30, à Trappes et à La Verrière, à l'ouest de Paris, Kévin T. est soupçonné d'avoir tué  par balle un jeune homme de 26 ans et en a blessé cinq autres, dont une petite fille de douze ans.

Le tireur présumé a affirmé aux policiers vouloir s’en prendre aux "Noirs" et aux "Arabes" en réaction aux débordements des manifestations du 17 octobre et aux scènes de pillage. Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste", avec comme circonstance aggravante que les faits auraient été commis "à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée", ainsi que pour association de malfaiteurs terroriste.

Selon une source policière, le suspect, dont la garde à vue a été levée dans la nuit de samedi à dimanche pour des raisons psychiatriques, était "très calme" lors de son arrestation. L'analyse toxicologique a révélé "la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang".

Un exemplaire du livre "Mein Kampf" d'Adolf Hitler a été retrouvé lors de la perquisition du domicile de l'assaillant, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête. Cette source a également fait état de la présence d'une Bible et d'un Coran dans son appartement situé à Plaisir, une commune voisine.

La foi chrétienne de la victime

Le 25 octobre, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lors d'une marche blanche en l'honneur de Pengo Bossio Wangi, assassiné à l'arme automatique, à Aubervilliers. Jeune combattant de MMA, il évoluait à l'Atch Academy, véritable institution de cette discipline au sein de la ville de Seine-Saint-Denis. Le maire d'Aubervilliers, Sofienne Karroumi, a fait part de sa "sidération" et a déclaré que le jeune homme "n'avait qu'un tort" :

"Être au mauvais moment, au mauvais endroit avec la mauvaise couleur de peau."

Dans une vidéo publiée par le média Blast sur Instagram le 25 octobre, la petite sœur de Pengo Bossio Wangi s'est exprimée et a partagé sa douleur d'avoir perdu celui qu'elle considérait comme "son jumeau".

"Je l'ai vu le matin et il devait revenir le soir pour que l'on se voie. Mon frère, c'était mon jumeau. Nous avons grandi ensemble et nous avons souffert ensemble. J'ai tout perdu."

La jeune femme a également évoqué sa foi chrétienne, une foi partagée par son frère. "C'était un amour, il était meurtri en voyant la douleur des autres (...) Il est mort tout seul", a-t-elle poursuivi dans cette vidéo, où elle apparaît totalement déboussolée, n'arrivant pas à croire ce qui s'est passé.

De son côté, le curé de la paroisse de Trappes, le père Jacques Noah Bikoe, a confié au média Aleteia être profondément choqué et bouleversé. "Malgré les émotions que nous pouvons ressentir dans ce moment-là, malgré le choc, cela n’arrêtera pas la paix et la fraternité que l’on vit, ici, au quotidien", a-t-il déclaré.

Dans cet entretien, le religieux a évoqué les différentes initiatives de fraternité partagées entre les catholiques et les musulmans de la ville. Parmi elles, des matchs de football et des collectes alimentaires, notamment pendant le carême et le ramadan.

"Les habitants vivent cette fraternité au quotidien, cette attaque n’est en rien représentative du désir de vivre ensemble qui est très présent dans la paroisse, et dans cette ville."

Polémique après les propos du président français

Dans son allocution du 23 octobre, après l'attaque de Trappes, le président Emmanuel Macron a suscité la polémique en évoquant le "premier" acte terroriste commis en raison de la "couleur de peau ou de la religion". Il a été accusé par de nombreux responsables politiques, associations et responsables religieux d'oublier de nombreuses victimes.

Parmi elles, des attaques ciblant des juifs comme les attentats perpétrés par Mohamed Merah en 2012, qui ont fait sept morts, dont trois enfants d’une école juive et l’attaque de l’Hyper Cacher en 2015. Ainsi que des attentats ciblant des chrétiens comme l’assassinat du père Jacques Hamel en 2016, ainsi que l’attentat contre la basilique Notre-Dame de Nice en 2020.

Dans la soirée, l'Élysée a déclaré :

"Le chef de l’État parl[ait] bien évidemment du premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau commis dans [le] pays, ainsi qu’il l’a précisé au début de son intervention."

Mélanie Boukorras

Crédit image : Shutterstock / kipgodi (image d'illustration)

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