Pendant ses études d’infirmier, Arthur a travaillé dans une pouponnière. Il avait pris l’habitude de prier, en silence, pour les bébés dont il avait la charge. Un jour, il a appris qu’une petite fille pour laquelle il priait régulièrement allait être adoptée par un couple chrétien de son entourage. De leur côté, les parents priaient eux aussi pour que l’enfant qu’ils s’apprêtaient à accueillir soit entouré, dès ses premiers mois, par des chrétiens. Le Conseil National des Évangéliques de France l’a rencontré afin de mieux comprendre son engagement et d’explorer l’action de Dieu dans nos vies et sa réponse à des prières croisées.
- Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Arthur, j’ai 32 ans et je suis membre d’une Église appartenant à la Fédération baptiste (FEEBF). À l’époque des faits, j’avais une vingtaine d’années, j’étais étudiant.
- Et que faisiez-vous à cette époque ?
Pendant mes études, je travaillais comme aide-soignant dans une pouponnière, rattachée au foyer de l’enfance. Nous nous occupions de bébés et de très jeunes enfants, de la naissance jusqu’à trois ans. Certains étaient placés là provisoirement, d’autres étaient nés sous X, en attente d’une décision judiciaire ou d’une adoption.
La nuit, nous étions deux pour veiller sur une quinzaine d’enfants : les changer, les nourrir, les apaiser lorsqu’ils se réveillaient. C’était un travail exigeant, mais aussi très humain.
- Et vous avez créé des liens particuliers avec certains de ces enfants, notamment par la prière ?
Oui. Comme souvent dans ce type de lieu, on s’attache. Il m’arrivait de prier intérieurement pour les enfants dont je m’occupais, en les tenant dans mes bras, pendant les soins ou les biberons. Mais je dois être honnête : il y a eu des moments de découragement. Une nuit, je me suis même demandé à quoi bon prier pour eux.
J’avais vu, dans d’autres services, des jeunes devenir violents, sombrer dans la drogue ou avoir de lourds démêlés avec la justice. Malgré tout, je continuais à prier, notamment pour cette petite fille, Emma.
- Comment avez-vous su que la petite Emma allait être adoptée par des chrétiens ?
Un jour, alors que je travaillais en journée, un ami m’a appelé. Il savait que je faisais des gardes à la pouponnière et m’a demandé si je m’occupais d’un bébé en particulier. Il m’a alors annoncé que ce bébé allait être adopté… par un couple chrétien que je connais. Ce fut un choc, et surtout une immense joie.
J’ai réalisé que cette petite fille, pour laquelle je priais allait grandir dans une famille aimante, ancrée dans la foi. J’ai appris ensuite que de leur côté, les futurs parents priaient aussi. Ils demandaient à Dieu que l’enfant qu’ils allaient adopter soit entouré, dès ses premiers mois, par des personnes chrétiennes. Sans le savoir, nous priions les uns pour les autres. Chacun de notre côté. Et le Seigneur a fait le reste.
- Qu’est-ce que cette histoire vous a appris sur la prière ?
Elle m’a rappelé que Dieu est dans les détails. Même quand on a l’impression de prier “dans le vide”, même quand on ne voit aucun fruit immédiat, Il agit. Je ne suis pas quelqu’un qui prie facilement ou constamment. Cette histoire reste pour moi un encouragement très concret à continuer à remettre les situations entre les mains de Dieu. Il connaît tout, mais il aime que nous lui parlions, que nous lui confiions ce qui nous dépasse.
- Et aujourd’hui vous avez des nouvelles de cette petite fille ?
Oui. Il m’est arrivé de recroiser Emma, à plusieurs reprises, dans des parcs, car nous vivons dans la même ville, mais aussi à des événements d’église ou des mariages. Elle a grandi, elle va bien, elle est entourée. Elle a de merveilleux parents qui l’aiment et prennent soin d’elle. La voir aujourd’hui, c’est pour moi un rappel vivant de la fidélité de Dieu.
- Un mot de la fin ?
J’aimerais encourager ceux qui doutent de l’impact de leurs prières. Parfois, on ne verra jamais le résultat. Et d’autres fois, le Seigneur nous fait la grâce de lever le voile, et c’est assez incroyable. Cette histoire me rappelle que rien n’est trop petit ou trop grand pour Lui que ce soit une prière ou la vie d’un enfant.
Un article du Conseil National des Evangéliques de France. Publié avec autorisation. Au travers de la série "Témoignages de terrain", le CNEF souhaite mettre en lumière des initiatives locales qui font vivre l’Évangile au cœur des territoires, afin d'inspirer et encourager chacun à s’engager, là où Dieu l’a placé.