Le 6 octobre dernier, six jeunes chrétiens ont été arrêtés en Égypte après avoir publié une vidéo sur TikTok, jugée offensante envers l’islam. Accusés de s’être moqués de la religion musulmane, ils sont toujours détenus à ce jour.
Après s’être filmés sur TikTok en train de rejouer une scène culte d’un film égyptien, dans laquelle les personnages ne connaissent pas les prières du Coran, six jeunes chrétiens ont été arrêtés le 6 octobre dernier. Ils sont soupçonnés d’avoir "exploité" et "insulté" l’islam, selon l’Alliance Defending Freedom (ADF), un cabinet d’avocats chrétien.
Après la diffusion de la vidéo, de nombreux commentaires haineux ont été publiés, incitant à la violence envers eux et leurs familles. Des habitants de leur village ont alerté les autorités. Les jeunes auraient dû être relâchés après que la foule se soit appaisée mais ils sont pourtant toujours détenus.
"Nous avons vu beaucoup trop de cas de cette nature en Égypte. Les chrétiens ne devraient jamais avoir à craindre la punition pour avoir partagé un message. Nous exhortons les autorités à libérer ces six jeunes hommes et à abandonner immédiatement toute enquête à leur encontre", a proclamé Kelsey Zorzi, vice-présidente du plaidoyer international à l’ADF.
Le pays a déjà été confronté à des affaires similaires. Le YouTubeur, Augustinos Samaan, a été condamné à cinq ans de prison et à faire des travaux forcés à cause de ses vidéos sur la foi chrétienne, début 2026. C’est aussi le cas d’Abdulbaqi Saaed Abdo, père de cinq enfants, qui a été emprisonné en 2021 pour "blasphème" après avoir parlé de sa foi dans un groupe Facebook chrétien. Il avait été libéré grâce au soutien de l’ADF qui lui avait permis de vivre en sécurité dans un autre pays.
En Égypte, environ 9 % de la population est chrétienne copte orthodoxe. Bien que la Constitution fasse de l’islam la religion d’État, le principe de non-discrimination est appliqué, censé protéger les chrétiens du pays. La réalité est toute autre puisqu’ils sont souvent discriminés et les violences dont ils sont victimes restent souvent impunies, rapporte l’ONG Portes Ouvertes
Mélicia Branco