Un pasteur indonésien a été condamné à deux ans de prison pour avoir blasphémé contre l’islam, le 10 juillet. Depuis sa conversion, il évoque régulièrement sa foi en Jésus sur ses réseaux sociaux.
Le 10 juillet, le pasteur et évangéliste Dedi Saputra a été condamné à deux ans de prison pour blasphème contre l’islam en Indonésie, rapporte l'ONG de défense des chrétiens persécutés Portes Ouvertes. Quelques mois plus tôt, en novembre dernier, un étudiant avait déposé plainte contre lui, estimant que les contenus publiés sur ses réseaux sociaux incitaient à la haine.
Depuis sa conversion au christianisme, Dedi Saputra évoquait régulièrement sa foi en Jésus sur les réseaux sociaux. Pour l'homme à l'origine de la plainte, entendre un converti issu d'un arrière-plan musulman, né dans la seule province d'Indonésie à appliquer la charia, parler de Jésus était choquant.
Lors du procès, le président du tribunal a cité les versets bibliques de Matthieu 22:39 et de Romains 12:18. Ce rappel à la foi chrétienne a suscité l'interrogation dans cette région très conservatrice. Même si ces versets ont été utilisés pour condamner le pasteur, l’une de ses avocates s’est toutefois réjouie "que la Parole de Dieu ait été proclamée dans l’enceinte du tribunal".
Selon l’équipe juridique de Dedi Saputra, le pasteur aurait été agressé physiquement lors de son transfert vers son nouveau lieu de détention par des agents pénitentiaires. Il aurait reçu des gifles et aurait été frappé à la poitrine, lui causant des difficultés à respirer. Actuellement en détention, ses proches espèrent que les conditions de son incarcération respecteront ses droits et son intégrité physique. Ils craignent cependant que le procureur, qui avait requis quatre ans de prison, ne fasse appel et que sa peine soit alors alourdie.
Même si l’Indonésie est un pays démocratique, l’islam radical gagne du terrain, affirme Portes Ouvertes. Certaines provinces ou régions sont plus influencées par la charia et l’extrémisme islamique, comme la région d’Aceh.
"Les extrémistes islamiques y exercent le plus d'influence sur la société et les responsables politiques, induisant une persécution antichrétienne accrue."
Mélanie Boukorras