L'armée israélienne poursuit ses opérations militaires au Liban. Les habitants de Tyr, y compris ceux du quartier historique chrétien, ont ainsi reçu un avertissement urgent leur demandant d’évacuer la zone. Face à une situation sécuritaire fragile, l'archevêque de Tyr des Grecs-Melkites catholiques, lance un appel pour protéger les civils et sauvegarder la vieille ville.
"En ce moment grave et critique pour la ville de Tyr, au Sud-Liban, j'élève cet appel ouvert urgent à tous ceux qui sont en mesure d'intervenir, d'aider, de plaider ou d'agir par les voies morales, humanitaires, diplomatiques, ecclésiales, politiques ou internationales."
Par ces mots, l'archevêque de Tyr des Grecs-Melkites catholiques, Georges Iskandar, a lancé un appel urgent à la communauté internationale en réaction à l'ordre d'évacuation émis par l'armée israélienne à destination des habitants de Tyr, au Sud-Liban, le 9 juin. Un appel relayé par L'Oeuvre d'Orient sur X.
Ce n’est pas la première fois que des avertissements sont donnés dans cette zone par Tsahal, mais il s’agit de la première fois que la vieille ville et le quartier chrétien sont explicitement mentionnés et que les habitants sont appelés à évacuer, rapporte le média libnanews.
"Le quartier chrétien est vide à 99 %"
Cette ville est l’un des sites touristiques les plus importants de la Méditerranée orientale. Elle est par ailleurs inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984 grâce à de nombreux vestiges des époques phénicienne, romaine, byzantine, médiévale et ottomane.
Tyr est également "enrichie d’un héritage chrétien apostolique remontant aux premiers siècles de l’Église", explique l'archevêque avant de rappeler que c’est également "un lieu vivant de foi". La zone comprend de nombreuses églises.
"Sa vieille ville n'est pas seulement un espace historique ; elle est un lieu vivant de foi, de mémoire, de vie familiale, de coexistence et de témoignage chrétien ininterrompu. Elle abrite des civils, des personnes âgées, des enfants et des familles qui sont demeurés attachés à leur terre ancestrale malgré d'immenses souffrances, incertitudes et dangers."
Ainsi, l'archevêque de Tyr des Grecs-Melkites catholiques appelle à préserver la "présence chrétienne historique" de la ville, menacée par la guerre. Au début de la semaine, après des frappes israéliennes qui ont fait au moins onze morts dans la ville et ses environs, un membre du conseil municipal de la ville a déclaré :
"Le quartier chrétien est désormais vide à 99 %."
Protection des civils
Les nombreuses évacuations de la ville ordonnées ces dernières semaines accentuent une situation humanitaire déjà tendue. L’accès à l’eau et aux soins est notamment compliqué pour la population sur place. "Les habitants de Tyr demandent à vivre dans la sécurité, la dignité et la paix sur leur terre ancestrale", a poursuivi l'archevêque avant de conclure :
"Que Dieu préserve le Liban, protège la ville de Tyr et accorde la paix et la sécurité à tous ses habitants."
De son coté, l'organisation de l'Aide à l'Eglise en Détresse, a exprimé "sa solidarité avec l’Église locale ainsi qu’avec tous les civils qui demeurent dans la ville".
"Nous appelons toutes les parties à respecter la dignité humaine, à protéger les non-combattants ainsi qu’à préserver les sites religieux et les communautés historiques."
L’armée israélienne a justifié cet ordre d’évacuation en évoquant la présence de membres du Hezbollah. Des accusations rejetées par le Liban et par des responsables locaux. Les regards des chrétiens du monde entier sont tournés vers le Liban, et plus particulièrement vers Tyr, dans l’espoir qu’un cessez-le-feu soit instauré et que les civils, tout comme le patrimoine chrétien de la ville, soient préservés.
Mélanie Boukorras