Face aux mobilisations lycéennes, la Commission Jeunesse de la Fédération protestante de France appelle à mieux écouter les jeunes et à leur donner une place dans les décisions qui les concernent, tout en condamnant les violences survenues en marge des manifestations.
La Commission Jeunesse de la Fédération protestante de France (FPF) s'est réunie le 15 octobre dernier pour évoquer les mobilisations lycéennes qui se tiennent sur le territoire depuis le 17 septembre. Elle a notamment appelé à "mieux prendre en compte les aspirations de la jeunesse".
Après avoir entendu les revendications et les attentes de 300 jeunes, la Fédération a adressé trois recommandations aux communautés ecclésiales et à l'ensemble des institutions publiques. Tout d'abord, la FPF exprime son souhait de créer "un environnement accueillant et protecteur" afin que les jeunes puissent partager leurs besoins "dans un cadre de respect et de sécurité, loin des logiques de stigmatisation".
Dans la continuité, elle demande que les jeunes soient écoutés et qu'un dialogue avec eux soit rendu possible. "Les jeunes expriment une vision de l'avenir qui mérite d'être écouté", estime la FPF. Enfin, la jeunesse de ce pays, qui souhaite s'engager et se former, doit avoir "une place décisionnelle effective" dans les instances et les choix collectifs.
La Commission Jeunesse "réaffirme son attachement au vivre-ensemble, à la justice sociale et à la protection des plus vulnérables", avant de demander la mise en place d'un "cadre garantissant" la sécurité des jeunes qui s'expriment. "Osons débattre et construire avec eux notre mode de vie en société en leur faisant confiance", conclut la FPF.
Violences et pillages en marge des manifestations
Depuis le 17 septembre, des centaines de milliers de lycéens manifestent partout en France, en réaction aux absences d'enseignants et à la dégradation des locaux. Depuis début octobre, des Gilets jaunes et des syndicats ont rejoint le mouvement pour protester contre l'augmentation du coût de la vie et défendre les services publics.
Des émeutes, des pillages et des dégradations ont éclaté en marge de certains cortèges, notamment le 17 octobre à Paris, Lyon, Marseille, Lille et Limoges, où l'hôtel de ville a été ravagé par un incendie. Ces violences ont fait réagir des responsables d'Église et des chrétiens, notamment sur les réseaux sociaux, ainsi que la FPF. "La Commission Jeunesse déplore les violences survenues lors des manifestations, qui ont fait de nombreux blessés, notamment parmi les lycéens mineurs", a-t-elle écrit.
"Cette situation suscite l’inquiétude au sein de la communauté éducative, des familles et des organisations de défense des droits humains. Toutes les violences, quels qu’en soient les auteurs, fragilisent profondément notre société et compromettent les conditions d’un dialogue constructif."
Ces violences ont également été condamnées "avec la plus grande fermeté" par le Conseil national des évangéliques de France, dans un communiqué publié le 20 octobre.
"Nos pensées et nos prières se tournent d'abord vers les victimes : les personnes blessées et leurs familles, les commerçants, artisans et salariés qui ont vu leur outil de travail dévasté, ainsi que les élus et agents publics éprouvés. Ils sont nos voisins, nos proches, et pour certains, les membres de nos Églises."
Malgré les restrictions, la mobilisation lycéenne ne faiblit pas. Le 24 octobre marquait une nouvelle journée de manifestations, témoignant de la détermination des jeunes à poursuivre le mouvement. Un prochain rassemblement est d'ailleurs prévu le 31 octobre. Ce lundi, le gouvernement a promis d'apporter "des réponses très concrètes" à ce mouvement lycéen. Celles-ci concerneraient notamment la plateforme Parcoursup, l'état des bâtiments scolaires et le nombre de places à l'université.
Mélanie Boukorras