Un ultimatum avait été lancé aux chrétiens convertis en Inde : abandonner leur foi et revenir à l’hindouisme avant le 30 avril. Depuis l’expiration de ce délai, l'ONG Portes Ouvertes signale une augmentation des pressions exercées à leur encontre.
Mi-avril, le conseil des villageois de Chhotedongar, dans l’État indien du Chhattisgarh, s’était réuni afin de trouver des solutions face à l’augmentation des conversions religieuses, principalement au christianisme.
La communauté avait ainsi exigé la tenue de la cérémonie du "ghar wapsi", c’est-à-dire le "retour à la maison" de ceux ayant abandonné leur foi d’origine. Elle leur avait ainsi lancé un ultimatum : renouer avec leur religion d’origine, l’hindouisme, avant le 30 avril.
Dans un communiqué publié le 6 mai dernier, l’ONG Portes Ouvertes a indiqué que "les réunions des conseils villageois se sont multipliées et les pressions pour participer au rituel du Ghar Wapsi s’intensifient" depuis l’expiration du délai.
Certains conseils ont notamment interdit aux chrétiens convertis de récolter le tendu, une feuille d’ébène constituant une ressource essentielle pour ces communautés, leur permettant d’assurer leurs revenus. Le ramassage du bois en forêt, nécessaire pour cuisiner et construire des habitations, leur est également interdit.
L’organisation précise toutefois que, pour le moment, "aucun acte de violence ni aucune démolition d’église n’ont été recensés".
L'Inde est classée 12e dans l’Index mondial de persécution des chrétiens 2026 de Portes Ouvertes. Dans le pays, douze États sur vingt-neuf ont adopté des lois anticonversion malgré la Constitution laïque. Les nationalistes hindous accusent notamment les chrétiens de convertir de force des hindous, indique l'organisation.
"Les plus persécutés sont les chrétiens d’arrière-plan hindou, qui subissent d’intenses pressions pour retourner à l’hindouisme. Les nationalistes hindous organisent des émeutes pour intimider, attaquer, voire tuer des chrétiens."
Mélanie Boukorras