Le mois dernier, la basketteuse américaine Sophie Cunningham a partagé une séance photo très dénudée pour Sports Illustrated, quelques semaines seulement après avoir publié les images de son baptême. Ce rapprochement a suscité de nombreuses réactions. Pour vous, la Rédaction de Plus Que Sportifs ouvre le débat.
Sur son compte X, le journaliste et commentateur Jon Root a vivement critiqué cette démarche. Après avoir rapproché les photos de la sportive de 29 ans de celles de son baptême, il a déclaré :
"Le fait que Sophie Cunningham pose seins nus pour ce magazine donne une mauvaise image d’une chrétienne…"
Pour mieux comprendre le contexte, notre Rédaction a retrouvé cette déclaration de Sophie Cunningham après son shooting :
"C’était tellement valorisant et tellement amusant de pouvoir cocher cela de ma liste. C’était un immense objectif figurant sur ma bucket list, et maintenant je me sens vraiment bien dans ma peau."
Une phrase soumise au regard de Joël Thibault, mentor pour sportifs de haut niveau.
"Je comprends qu’une sportive veuille se sentir bien dans son corps. Mais en tant que chrétien, la vraie question est : qu’est-ce qui fonde mon regard sur moi-même ? Est-ce le regard de Dieu ou le regard que produit une mise en scène de mon corps ? Il me semble que Dieu nous invite à ne pas chercher notre valeur dans le pouvoir de séduction que notre image peut produire, mais dans son amour rédempteur. »
Derrière cette phrase, une question plus large se dessine : le baptême est-il seulement devenu, chez certains sportifs, un marqueur religieux public ou reste-t-il le signe d’une conversion appelée à transformer toute la vie ? Pour Joël Thibault, l’enjeu est clair :
"Suivons-nous un Jésus simplement 'cool', ou un Jésus saint qui nous appelle à mener une vie sainte ?"
"Dans l’accompagnement des sportifs, certains me demandent régulièrement mon avis sur leurs photos ou leurs réseaux sociaux", poursuit Joël Thibault. "Je les aide alors à discerner : que cherches-tu à montrer ? Est-ce que cela nourrit l’orgueil, le besoin de plaire ou une forme de séduction ?"
Pour lui, la vie chrétienne implique aussi une forme de redevabilité, et cette réflexion concerne autant les hommes que les femmes. Elle invite à reposer la question de la pudeur, non comme une règle légaliste ni comme une honte du corps, mais comme une manière d’habiter son corps devant Dieu avec sobriété, sagesse et liberté intérieure.
Joël Thibault donne un exemple concret venu des vestiaires :
"Aujourd’hui, je constate que beaucoup de sportifs, notamment influencés par la culture musulmane, se douchent en sous-vêtements après leur séance. On peut discuter des raisons culturelles ou religieuses de cette pratique, mais en quoi le fait de préserver une certaine pudeur dans les espaces collectifs serait-il forcément problématique ? Comme chrétiens, nous avons aussi le droit de redécouvrir une pudeur simple, sans honte du corps, mais sans exposition inutile."
L'histoire de Sophie Cunningham dépasse donc sa seule personne. Il interroge la manière dont les sportifs chrétiens vivent leur foi dans une culture où l’image occupe une place centrale. Comme le rappelle Jon Root, "la sanctification est un processus". Si la sanctification est un chemin, alors la question du corps, de la pudeur, de l’estime de soi et du témoignage fait partie de ce cheminement.
Le débat reste ouvert : comment vivre la liberté chrétienne sans banaliser l’exposition du corps ? Comment se sentir bien dans sa peau sans dépendre du regard des autres ? Comment être visible, médiatisé et sponsorisé tout en demeurant un témoin de Christ ? Ces questions méritent une réflexion profonde, biblique et pastorale que le seul cas de Sophie Cunningham révèle, pour l’instant, au grand jour.
La Rédaction Plus Que Sportifs.