Dans une vidéo publiée ce mercredi sur YouTube, l’ONG de défense des chrétiens persécutés Portes Ouvertes a partagé le témoignage du pasteur Michée, au Burkina Faso. En 2024, des membres de sa famille ont été tués lors d'une attaque perpétrée par des extrémistes. L’occasion de rappeler que toutes les deux heures, un chrétien est tué en Afrique subsaharienne.
Un chrétien est tué toutes les deux heures pour sa foi en Afrique subsaharienne, soit environ douze croyants par jour. C’est par ce constat que débute une vidéo publiée ce mercredi par l’ONG Portes Ouvertes sur YouTube. Elle y partage le témoignage du jeune pasteur Michée, installé au Burkina Faso.
En 2024, son village a été attaqué par des extrémistes peuls. Avant l’attaque, chrétiens et musulmans cohabitaient, mais petit à petit, des membres de cette ethnie ont commencé à se radicaliser et à porter des armes en secret. Le jour de l’attaque, des espions ont été envoyés pour observer le village et les différentes habitations.
Puis, plus d’une centaine de terroristes sont arrivés. Ils étaient divisés en trois groupes : l’un chassait les animaux, l’autre incendiait les maisons et le troisième a enfermé les villageois dans l’église avant de les tuer un par un. Des dizaines de personnes ont été tuées. Parmi les victimes se trouvaient les parents du pasteur, ainsi que d’autres membres de sa famille.
Face à ce drame, le pasteur Michée témoigne de ses questionnements sur sa foi. "Je me disais : 'Est-ce que Dieu n’a pas abandonné mon peuple ?' (...) Je me suis dit que Dieu ne nous avait pas défendus, sinon mes parents ne seraient pas morts de cette façon." Michée explique qu’il continuait à prêcher à l’église, mais que, dans son cœur, il "doutait" et n’avait "plus d’espoir" pour l’avenir.
"Je me suis dit que Dieu nous avait abandonnés et j’avais beaucoup d’amertume dans mon cœur", a-t-il ajouté. L’ONG Portes Ouvertes a invité le pasteur à participer à des sessions destinées aux chrétiens persécutés.
"J’avais de la colère envers Dieu et moi-même, j’avais envie de me venger, j’avais peur, mais à travers cette formation, tout cela a changé et j’ai été renouvelé."
Désormais, Michée apporte un soutien post-traumatique à seize personnes de son village, dont de nombreuses veuves. "Cela nous a apporté la paix intérieure", témoigne une femme qui bénéficie de cet accompagnement.
L’année dernière, au moins 4 491 chrétiens ont été tués dans cette région d’Afrique. L’ONG Portes Ouvertes invite ainsi les chrétiens à signer sa pétition "Afrique : Unis contre la violence". L’organisation demande protection, justice et réparations pour les communautés touchées. Le document sera présenté à l’ONU, à l’Union européenne et aux gouvernements locaux.
Mélanie Boukorras