Dans L’Heure des Pros sur CNews, Pascal Praud a récemment évoqué la "rechristianisation de l’équipe de France". En observant les réseaux sociaux de plusieurs joueurs, il cite Maxence Lacroix, qui se présente comme "disciple", Manu Koné, qui affiche « Jésus », Désiré Doué, qui écrit « Dieu est grand », ou encore des versets bibliques partagés publiquement. Plus que Sportifs a d’ailleurs relayé le témoignage de Maxence Lacroix, qui attribue à Jésus une guérison miraculeuse.
Le constat est intéressant : plusieurs Bleus assument aujourd’hui plus librement leur foi chrétienne
Mais l’analyse de Pascal Praud reste incomplète. D’abord, parce que cette visibilité ne date pas de 2026. Brice Samba partage régulièrement des versets bibliques sur Instagram avant ses matchs. Blaise Matuidi, champion du monde 2018, avait déjà été baptisé évangélique en 2012 par son ancien coéquipier du PSG, Marcos Ceará, même s’il s’est ensuite montré discret sur le sujet. D’autres joueurs, comme Griezmann, Varane, Martial ou Thauvin, ont plutôt été associés à une foi chrétienne plus traditionnelle, souvent catholique et moins expressive publiquement.
La première nuance concerne donc la nature de cette foi. Pascal Praud parle de "rechristianisation", mais il ne nomme pas vraiment la sensibilité évangélique qui marque plusieurs de ces témoignages. Il présente aussi Olivier Giroud comme ayant mis en avant sa foi catholique, alors que l’ancien attaquant des Bleus parle lui-même d’un héritage spirituel marqué par l’évangélisme de sa mère. Cette précision compte : en France, la culture évangélique assume plus naturellement le témoignage personnel, la référence à Jésus et la volonté de rendre gloire à Dieu.
La deuxième nuance concerne notre regard de supporters. Une équipe ne devrait jamais être aimée selon la confession de ses joueurs, mais pour leur talent, leur engagement et leur apport au collectif. Joël Thibault, aumônier du sport, le formule ainsi : "Même en étant en désaccord profond avec l’islam par rapport à ma foi chrétienne, il faut savoir reconnaître les qualités d’un joueur comme Ousmane Dembélé, qui se revendique musulman. Devenu Ballon d’Or 2025, il m’a impressionné par son talent, son évolution collective, son pressing défensif et son rôle majeur dans la première Ligue des champions remportée par le PSG. Qu’un joueur se revendique athée, musulman ou chrétien, selon ma compréhension biblique, c’est Dieu qui a doté chaque sportif de ce don."
Il ne s’agit donc pas de dresser une carte religieuse du vestiaire des Bleus, ni de préférer un joueur parce qu’il partagerait notre foi. Dans une vidéo publiée sur Instagram, Joël Thibault interpellait déjà le buzz autour de Désiré Doué après son remerciement à Jésus-Christ devant les caméras : mode générationnelle, protection spirituelle presque superstitieuse ou véritable désir de suivre les enseignements du Christ ?
Dieu seul connaît les cœurs. Comme chrétiens et supporters, nous pouvons nous réjouir lorsqu’un joueur parle publiquement de Jésus. Mais le témoignage ne se mesure pas seulement aux mots prononcés après une victoire : il se voit dans l’humilité, l’intégrité, le service du collectif et la cohérence d’une vie, sur le terrain comme en dehors.
La rédaction Plus que Sportifs