Le 2 avril dernier, un extrémiste pakistanais a menacé une femme chrétienne pour qu’elle se convertisse à l’islam et l’épouse. Cet événement s’inscrit dans un contexte de pression visant les minorités religieuses dans le pays.
Au Pakistan, un extrémiste musulman, Rehman Irfan, s’est rendu au domicile de son ancienne camarade de classe chrétienne, Laiba Javed, pour lui avouer ses sentiments. Très rapidement, il a menacé la jeune femme pour qu’elle se convertise et devienne son épouse, rapporte Morning Star News.
Laiba et sa famille ont alors fait un signalement à la police. Selon un des oncles de la famille chrétienne, les agents leur ont recommandé de rester patients en raison des célébrations de Pâques.
Cependant, le dimanche, la famille a dû recontacter les autorités après qu'un cousin du suspect ait perturbé une procession à l'aube. La police est alors intervenue au domicile de ce dernier et a procédé à des arrestations. Malgré cela, Laiba a été contrainte de quitter le village pour des raisons de sécurité.
Protection insuffisante
Membre de l’Assemblée du Pendjab et ancien ministre provincial des droits humains et des affaires des minorités, Ejaz Alam Augustine a déclaré que l’application des lois censées protéger les minorités religieuses, notamment celles contre les conversions forcées, est insuffisante.
Il a également critiqué une décision rendue le 11 février par la Cour constitutionnelle fédérale du Pakistan, qui a validé le mariage d’une chrétienne de 13 ans, Maria Shahbaz, avec un musulman de 30 ans alors même que celui-ci aurait enlevé la jeune fille.
"Ce jugement a créé un sentiment d’impunité. Beaucoup pensent désormais qu’il met davantage en danger la sécurité des jeunes filles chrétiennes."
Selon une étude du Center for Social Justice, au moins 515 cas d’enlèvements et de conversions forcées impliquant des femmes et des filles issues de minorités ont été signalés entre 2021 et 2025.
Plusieurs rapports d’ONG, notamment le Movement for Solidarity and Peace et la Human Rights Commission of Pakistan, affirment que la majorité des cas de conversions forcées concernent en premier lieu les filles de la communauté hindoues puis les jeunes chrétiennes.
Elormise Pierre